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Pierre Tomy Le Boucher
Plasticien

Peggy et Stuart

Le père, lui s’amuse à dire qu’il est athée et catholique. Cette idée lui est venue quand il a entendu à la télévision Bernard-Henri Lévy dire qu’il était athée et juif.

Madame Ponsardin est veuve depuis de nombreuses années. Tous les jours, à huit heures, elle se rend au cimetière ceinturant l’église. La promenade dure trois quarts d’heure. Il est nécessaire qu’elle soit rentrée pour « les feux de l’amour ».

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Cette visite quotidienne à son cher et tendre époux permet à Madame Ponsardin de marcher pendant près de 35 minutes et cela correspond parfaitement aux prescriptions du médecin. Chaque jour, elle raconte l’actualité d’une vieille personne esseulée. La plupart du temps, elle parle des Brooks. En effet, Peggy et Stuart enchantent ses matinées.

Une famille de roux habillé de couleurs vives déambule dans le cimetière. Le monsieur est grand, un peu pataud. Il passe son temps à montrer du doigt les différentes parties de l’architecture de l’église. La tête haute et la bouche ouverte, l’homme à la peau mouchetée baragouine toutes sortes de choses incompréhensibles pour Madame Ponsardin. Quant aux deux enfants fauves, ils se chamaillent tout en jouant à chat perché, les pierres tombales servant de position stratégique salutaire.

Roux, désinvolte, mal élevé, inconvenant, Madame Ponsardin ne peut s’empêcher de faire part à son mari son ressenti du moment : elle est excédée. La colère de Madame Ponsardin fut arrêtée instantanément par un énorme bruit accompagné d’un tremblement de terre. Elle regarde en direction de la famille « poils de carotte » : les parents paraissent affolés. La veuve se précipite d’un pas alerte pour essayer d’interroger la situation.

Une énorme pierre est tombée de l’église. Les deux enfants ont échappé de justesse à la mort. Madame Ponsardin, imagine tout de suite la colère de Dieu, même si elle trouve la peine un peu lourde.

La pierre énorme est plantée, comme un obus, dans l’allée parsemée de fins cailloux. Le cratère est impressionnant. Très vite, Madame Ponsardin comprend que l’une des gargouilles de l’église est tombée. Madame Ponsardin s’en va d’un pas pressé et se jure de tout raconter à son mari dès le lendemain.

Aujourd’hui, c’est un grand jour dans le petit village. C’est la mise en place de la nouvelle gargouille. Il faut placer la lourde pierre sculptée à environ dix mètres du sol. Cette opération doit se faire depuis la route ce qui augmente très largement la difficulté. Martial, ainsi que tous les autres enfants du village, est très intéressé par l’affaire. Martial remarque un personnage qui s’agite plus que les autres. Il s’en approche. Le monsieur parle dans un appareil et les ordres qu’ils donnent semblent se répercuter sur la manoeuvre. Martial ne peut s’empêcher de lui demander si c’est lui qui a sculpté l’animal aux grands yeux.

L’homme au talkie-walkie explique, entre deux ordres, qu’il faut aller voir le monsieur avec la casquette, car c’est lui qui a réalisé cette oeuvre. Monsieur John Stonecutter s’est installé dans la région depuis plus de 20 ans. Il est le tailleur de pierre qui a été choisi pour effectuer cette tâche. Il travaille souvent avec les communes pour la réfection des monuments aux morts et la restauration des églises et des bâtiments historiques.

Martial se positionne tout droit devant Monsieur Stonecutter et l’interroge déjà du regard.

John : « ben, qu’est-ce tu veux mon petit ? »

Martial : « c’est toi qui as fait ça ? »

John : « oui, c’est mon métier ! »

Martial : « pourquoi ton personnage paraissait triste ? »

John est saisi par cette question. Instantanément ses yeux se sont recouverts d’un liquide lacrymal.

John : « allez, mon grand, j’ai du travail. Ne reste pas là, c’est dangereux. »

Martial, comme beaucoup d’enfants, est habitué à être rabroué. Ce n’est pas la première et la dernière fois que l’on ne répond pas à ses questions. Il est habitué aux « on verra plus tard », « mange ta soupe », « va te coucher ». Il souffre des changements de conversation des plus impolis, mais là, il aurait fallu que l’enfant soit un être à part entière.

Lors du repas du soir, la principale conversation portait sur le changement de gargouille. Les parents se demandent quand disparaîtra la blancheur de la pierre afin de redonner une teinte homogène à l’église.

Puis vient le tour de la gargouille proprement dit. En aller-retour, les parents ne cessent d’évoquer la tristesse, l’émotion, la mélancolie. La bouche ronde semble cracher toutes les misères du monde.

Le papa de Martial évoque la conversation qu’il a eue avec le fils du cousin du maire qui connaît très bien Monsieur Stonecutter. Il paraît que ce dernier pratique l’art médiumnique, c’est-à-dire « une forme de communication entre le monde de l’esprit est celui des incarnés : les êtres humains ». Le fils du cousin du maire ajouta même en chuchotant à l’oreille du papa de Martial que John aurait eu un enfant lourdement handicapé qui n’aurait pas survécu : « d’après même que ce serait une façon de lui rendre hommage et de propager son souvenir pendant de nombreuses années ».

Martial avait des réponses à cette enquête qu’il menait depuis le début d’après-midi. Un peu envahi par le sommeil, le détective décroche lentement et dans sa somnolence se voit déjà en constructeur de cathédrale. Cette soirée fut un peu plus longue que les autres, car elle fut accompagnée de la bouteille de vin au goulot étoilé et à l’étiquette parcheminée : « le Préfontaine ».

Pierre Tomy Le Boucher

Peinture numérique sur toile représentant la gargouille de l'église de Saint-Julien-l'Ars

La gargouille

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Informations sur le produit
Cette œuvre de Pierre Tomy Le Boucher est imprimée à partir d'un fichier numérique de très haute résolution. L'impression est réalisée sur une toile polyester coton blanche de 350g/m2, écrue au dos, trame fine et régulière, avec des encres résistantes à l'eau et aux UV assurant ainsi une grande longévité du produit. Le châssis est en pin. Il est fabriqués de façon artisanale (gage de qualité). Un dispositif comprenant entre autres un câble en acier (résistance 40 kg) en permet l'accrochage sur une surface verticale. « Pour des raisons d’accessibilité à l’œuvre de Pierre Tomy LE BOUCHER, les œuvres réalisées sur toile peuvent exister en 2 formats. Format n° 1 : 84 x 84 cm et Format N°2 : 160 x 160 cm. Il est possible d’acquérir des fichiers électroniques. Ceux-ci sont directement téléchargeables depuis l’Internet. Les 2 formats de fichier permettent une impression optimale d’environ 15 x 15 cm et 30 x 30 cm au format PNG – 300 dpi - 24 bits »