Deux grands yeux bleu vif émergent d’un monochrome couleur chair, œuvre G comme Grippe de Pierre Tomy Le Boucher.
Deux grands yeux bleu vif, entourés de cils noirs et de formes rosées fragmentées, apparaissent au centre d’une surface monochrome couleur chair.
L’abécédaire de l’instant du mourir

G comme Grippe

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Deux grands yeux bleu vif émergent d’un monochrome couleur chair. Les iris lumineux, les cils noirs et les formes rosées qui entourent les paupières concentrent toute l’expression d’un visage pourtant presque entièrement absent.

Description : G comme Grippe appartient à la série L’abécédaire de l’instant du mourir, ensemble de vingt-six œuvres associé au livre du même nom. Chaque lettre met en relation une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.

Le récit correspondant met en scène Gaëlle Legale, une jeune gymnaste dont l’existence est entièrement tournée vers le mouvement, l’entraînement et la compétition. Une grippe compliquée d’une pneumonie l’oblige soudain à l’immobilité d’une chambre d’hôpital. Ce renversement constitue l’un des ressorts du texte : celle dont le corps était entraîné à bondir, tourner et s’élever se retrouve épuisée, essoufflée et dépendante.

Son ami Gaëtan introduit progressivement dans leur conversation une idée que Gaëlle avait jusque-là repoussée dans un avenir presque abstrait : celle de sa propre mort. La maladie, considérée d’abord comme un incident provisoire avant le retour à la compétition, prend alors une signification différente.

Le tableau ne représente ni l’hôpital, ni la pneumonie, ni la scène racontée. Comme dans toute la série, presque tout le visage a été supprimé. Il ne subsiste que le regard, suspendu dans une vaste surface monochrome couleur chair.

Les yeux occupent ici une place particulièrement forte. Les iris d’un bleu très vif contrastent avec les noirs profonds des cils et les valeurs roses et mauves qui structurent les paupières. Leur ouverture donne au regard une qualité attentive, presque étonnée, comme si quelque chose venait soudain d’être compris.

Cette intensité rejoint le principe de L’instant du mourir : le moment où la mort cesse d’être une notion générale pour devenir une possibilité immédiate et personnelle. Le récit développe cette prise de conscience dans le temps ; l’image tente de la condenser dans deux yeux.

Le livre et le tableau fonctionnent ainsi selon deux mouvements contraires. Le texte construit progressivement un personnage, son caractère, ses relations, ses souvenirs et ses craintes. L’image retire au contraire presque toutes les informations jusqu’à ne conserver qu’un fragment capable de porter encore une présence.

Dans cet écart entre abondance du récit et économie de la représentation, la mémoire intervient. Après avoir rencontré Gaëlle dans le livre, le spectateur peut regarder ces deux yeux et leur attribuer une histoire que l’image seule ne contient pas. L’approximation devient alors moins une perte qu’un espace laissé à la remémoration.