I comme Infarctus du myocarde
1 750 € TTC
+ 50 € de frais de port supplémentaires
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Deux yeux bleus à demi fermés émergent d’un monochrome couleur chair. Leur faible ouverture et les tons bruns qui les entourent donnent au regard une impression de fatigue et d’épuisement, alors que tout le reste du visage a disparu.
Description : I comme Infarctus du myocarde appartient à la série L’abécédaire de l’instant du mourir, construite en dialogue avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, un récit et une œuvre.
L’histoire correspondante est celle d’Ildebert Bledetri, illustrateur indépendant travaillant dans la publicité. Le récit commence dans la banalité très concrète du métier : une commande à terminer, une échéance imposée, une nuit blanche pour livrer à temps et cette pression permanente qui accompagne le travail indépendant.
Cette accumulation de fatigue, de stress et d’habitudes nocives conduit à un premier infarctus. Ildebert survit, promet de changer, puis la vie reprend progressivement le dessus avec ses difficultés, sa séparation, la solitude et le retour du tabac et de l’alcool.
Des années plus tard, son état cardiaque s’est considérablement dégradé. Le personnage se retrouve hospitalisé dans l’attente d’une greffe du cœur et des poumons. La mort n’est alors plus une éventualité lointaine : les médecins lui parlent désormais en jours.
L’œuvre ne représente pourtant ni l’infarctus, ni l’hôpital, ni les appareils médicaux. Comme dans toute la série, l’image procède par soustraction. Le visage disparaît derrière une surface couleur chair, tandis que seuls deux yeux subsistent.
Ceux-ci sont ici presque fermés. Le bleu des iris reste perceptible, mais le regard semble manquer de l’énergie présente dans certaines autres œuvres de la série. Les paupières lourdes et les formes brunes qui les entourent introduisent une sensation d’épuisement physique.
Cette particularité crée un dialogue avec le récit d’Ildebert. Le livre décrit un homme dont les forces diminuent progressivement jusqu’à ce que les gestes les plus simples deviennent difficiles. L’image ne raconte rien de cela directement, mais elle peut en conserver quelque chose dans la manière dont le regard semble lui-même peiner à rester ouvert.
Le contraste entre le texte et le tableau reste au cœur du projet. Le récit accumule les événements, les souvenirs, les regrets et les détails d’une vie. L’image les efface presque tous. Il ne reste que ces yeux, dernier lieu possible d’une présence.
I comme Infarctus du myocarde pousse ainsi très loin le principe de l’approximation : quelques fragments suffisent encore à faire percevoir quelqu’un, au moment même où tout semble annoncer sa disparition.