Deux yeux aux iris orange vif émergent d’un monochrome couleur chair, œuvre D comme Dépression (suicide) de Pierre Tomy Le Boucher.
Deux yeux aux iris orange vif, légèrement dissymétriques et entourés de formes fragmentées, apparaissent au centre d’un monochrome couleur chair.
L’abécédaire de l’instant du mourir

D comme Dépression (suicide)

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Deux yeux aux iris orange vif surgissent d’une surface monochrome couleur chair. Leur légère dissymétrie et l’intensité inhabituelle de leur couleur donnent au regard une présence presque inquiétante alors que le reste du visage a disparu.

Description : D comme Dépression (suicide) est la quatrième œuvre de L’abécédaire de l’instant du mourir. Elle correspond au récit consacré à Delphine Ledéphin, designer graphiste, personnage imaginaire dont l’histoire accompagne le tableau dans le livre.

Dans ce récit, une succession de traumatismes conduit progressivement le personnage vers l’isolement, l’alcool, la perte de son activité professionnelle et une dépression devenue envahissante. Le texte suit cette lente désagrégation jusqu’à l’instant où Delphine décide de mettre fin à ses jours.

Le tableau ne cherche cependant pas à représenter l’événement raconté. Aucun décor, aucun geste, aucun corps ne vient illustrer le récit. Comme dans les autres œuvres de la série, presque tout a été retiré. Le visage est remplacé par une vaste surface couleur chair et seuls les yeux demeurent.

Leur couleur orange, particulièrement présente dans cette composition, attire immédiatement le regard. Les deux yeux ne sont pas parfaitement symétriques. Paupières, sourcils, ombres et contours se recomposent par fragments, comme si l’image elle-même avait perdu sa stabilité.

Cette simplification met en évidence l’un des principes de la série : il suffit de très peu d’informations pour continuer à percevoir une personne. Le spectateur invente mentalement le front, le nez, la bouche et finalement tout un visage qui n’est pourtant pas représenté.

Le rapport entre le livre et les tableaux devient alors essentiel. Le récit fournit une histoire, un prénom, un métier, une succession d’événements et une pensée. L’image accomplit presque le mouvement inverse : elle retire progressivement les informations jusqu’à ne conserver que le regard.

Entre le personnage extrêmement présent dans le texte et cette représentation volontairement minimale se construit un espace de mémoire. Après la lecture, ces deux yeux ne sont plus seulement deux formes colorées : ils peuvent devenir ceux de Delphine, précisément parce que l’histoire leur a donné une existence.