Deux yeux brun-rouge émergent d’un monochrome couleur chair, œuvre K comme Kyste tumoral de Pierre Tomy Le Boucher.
Deux yeux brun-rouge, accompagnés de sourcils fortement dessinés et de formes fragmentées, apparaissent au centre d’une surface monochrome couleur chair.
L’abécédaire de l’instant du mourir

K comme Kyste tumoral

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Deux yeux brun-rouge émergent d’une vaste surface monochrome couleur chair. Les sourcils fortement dessinés et les fragments qui entourent le regard suffisent à faire apparaître une présence alors que le visage lui-même a disparu.

Description : K comme Kyste tumoral appartient à L’abécédaire de l’instant du mourir, série de vingt-six œuvres conçues en relation avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.

Le récit correspondant met en scène Kamel Lemka. Depuis l’enfance, il éprouve des difficultés scolaires et a intégré l’idée qu’il serait moins intelligent que les autres. Lorsqu’un kyste tumoral est découvert dans son cerveau, il lui attribue spontanément une explication à tout ce qu’il n’a jamais compris.

Dès lors, l’opération prend dans son esprit une signification qui dépasse largement la médecine : enlever la tumeur reviendrait également à supprimer ce qu’il considère comme la cause de ses difficultés. Kamel imagine qu’après l’intervention son intelligence augmentera, peut-être jusqu’à devenir exceptionnelle.

Lorsque l’opération a lieu, cette conviction demeure. À son réveil, il se persuade qu’il est désormais devenu extrêmement intelligent. La maladie continue pourtant son évolution et les douleurs réapparaissent. Kamel les interprète encore à travers son propre système de pensée : si son cerveau lui fait mal, ce serait parce que son intelligence ne cesse de croître.

L’un des souvenirs qui traverse tout le récit est celui d’une leçon de géographie : la Loire mesure 1 013 kilomètres. Cette information, apprise presque mécaniquement pendant l’enfance, devient finalement un repère mental. À l’approche de la fin, Kamel imagine le mont Gerbier-de-Jonc et le fleuve qui se forme progressivement, comme si une donnée scolaire longtemps incomprise devenait soudain un paysage.

Le tableau ne représente pourtant ni le cerveau, ni l’opération, ni les machines médicales. Comme dans l’ensemble de la série, l’image procède par effacement. Le visage est presque entièrement absorbé par le monochrome couleur chair.

Seuls demeurent les yeux et les sourcils. Les iris brun-rouge, légèrement décentrés, donnent au regard une qualité attentive et interrogative. Quelques fragments suffisent pour que le spectateur reconstruise mentalement un visage qui n’est jamais véritablement montré.

Le rapport entre le livre et l’œuvre devient alors particulièrement important. Le récit donne à Kamel une personnalité, une logique propre, des souvenirs et une manière singulière d’interpréter ce qui lui arrive. Le tableau, à l’inverse, retire presque toute cette information et ne conserve qu’un regard.

K comme Kyste tumoral rejoint ainsi le principe de l’Éloge de l’approximation : la représentation est incomplète, mais cette absence oblige la mémoire et l’imagination à participer. Ce qui manque à l’image peut alors être apporté par l’histoire.