Deux yeux bleu clair émergent d’un monochrome couleur chair, œuvre M comme Méningite bactérienne de Pierre Tomy Le Boucher.
Deux yeux bleu clair, entourés de formes grises, mauves et brunes fragmentées, apparaissent au centre d’une vaste surface monochrome couleur chair.
L’abécédaire de l’instant du mourir

M comme Méningite bactérienne

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Deux yeux bleu clair émergent d’une vaste surface monochrome couleur chair. Autour d’eux, des formes fragmentées aux tonalités grises, brunes et mauves reconstituent seulement une partie du regard et des arcades sourcilières.

Description : M comme Méningite bactérienne appartient à L’abécédaire de l’instant du mourir, série de vingt-six œuvres conçues en dialogue avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.

Le récit correspondant met en scène Morgane Mageron, maquettiste dans une agence de communication. Habituée à travailler de longues heures devant un écran, elle attribue d’abord ses maux de tête, sa raideur cervicale, sa fatigue et son hypersensibilité à la lumière aux contraintes de son métier.

Ce qui paraît d’abord relever d’un quotidien professionnel ordinaire change brutalement de nature lorsque les examens révèlent une méningite bactérienne aiguë. La maladie introduit alors une possibilité que Morgane n’avait pas envisagée : celle d’une dégradation extrêmement rapide et de la mort en quelques heures.

Une grande partie du récit observe ensuite l’hôpital dans ses détails les plus simples : les prises de constantes, les perfusions, les gestes des infirmières et des aides-soignantes, les repas, les silences, les attentes. Le soin devient une succession de gestes minuscules qui maintiennent encore le lien entre la personne malade et le monde.

La visite de son mari et de ses deux enfants constitue un moment particulièrement important. Les enfants découvrent une mère pâlie et transformée par la maladie. Leur hésitation laisse apparaître une question essentielle : reconnaît-on encore quelqu’un lorsque son apparence ne correspond plus exactement à l’image conservée dans notre mémoire ?

Morgane tente alors de rétablir cette continuité en leur posant les questions habituelles sur l’école et leur journée. À mesure qu’ils répondent, les gestes et les paroles familières permettent à l’identité de réapparaître derrière le visage malade.

Ce passage rejoint directement le principe plastique de la série. Dans le tableau, presque tout le visage a disparu. Il ne subsiste que deux yeux, quelques cils, des sourcils et des surfaces colorées fragmentaires. Pourtant, le spectateur perçoit immédiatement une présence humaine.

Les iris bleu clair contrastent fortement avec les tonalités plus sourdes qui entourent les paupières. Les volumes sont simplifiés et morcelés, comme si le visage devait être reconstruit à partir d’informations incomplètes.

Le texte et l’image fonctionnent alors de manière complémentaire. Dans le récit, Morgane cherche à redevenir reconnaissable aux yeux de ses enfants par les habitudes et la mémoire partagée. Dans le tableau, c’est le spectateur qui accomplit cette reconstruction à partir de quelques fragments.

M comme Méningite bactérienne devient ainsi une œuvre sur la fragilité de la reconnaissance : lorsque presque tout change ou disparaît, quelques signes, quelques souvenirs et un regard peuvent encore suffire à dire qu’une personne est toujours là.