N comme Néphropathie diabétique
1 750 € TTC
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Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Deux yeux aux iris verts particulièrement lumineux émergent d’une vaste surface monochrome couleur chair. Quelques fragments de paupières, de cils et de sourcils suffisent à maintenir une présence intense alors que le visage a presque entièrement disparu.
Description : N comme Néphropathie diabétique appartient à L’abécédaire de l’instant du mourir, série de vingt-six œuvres conçues en relation avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.
Le récit correspondant met en scène Nathalie Néthalai, notaire, atteinte d’une néphropathie diabétique arrivée au stade terminal. Ses reins ne fonctionnent plus suffisamment et sa survie dépend d’une greffe qui, progressivement, devient improbable puis impossible.
Autour d’elle se trouvent son mari Nathan et leurs deux enfants, Nelson et Nikita. À mesure que la fin approche, Nathalie ne pense plus seulement à sa propre mort. Elle imagine surtout la vie de ceux qui resteront : la maison sans elle, les habitudes familiales modifiées, les chambres des enfants, le lit conjugal devenu trop grand.
La mémoire occupe une place centrale dans ce récit. Nathalie se demande ce que ses enfants conserveront d’elle. Elle espère que leurs souvenirs demeureront peuplés d’images vivantes : sa voix, ses maladresses, ses chansons improvisées, les gestes ordinaires d’une mère.
Lorsque les médecins lui annoncent qu’aucun greffon n’arrivera, elle organise encore les choses avec la précision de son métier : démarches administratives, devenir de son étude, avenir pratique de sa famille. Cette organisation lui permet presque de prolonger sa présence dans un futur auquel elle sait qu’elle ne participera pas.
Puis vient un choix beaucoup plus intime. Sentant que ses dernières heures commencent, Nathalie demande à son mari de partir avec les enfants. Elle ne veut pas qu’ils assistent à son agonie. Elle rassemble ses dernières forces pour leur sourire, les embrasse et leur dit qu’elle les aime.
Ce geste transforme la mémoire en véritable matériau du récit. Nathalie tente de choisir elle-même la dernière image que ses proches conserveront d’elle : non pas un corps en train de mourir, mais une mère encore présente, capable de sourire et d’aimer.
Le tableau prolonge cette question par un dispositif radicalement réduit. Aucun corps, aucun décor, aucune chambre d’hôpital ne sont représentés. La surface couleur chair absorbe presque totalement le visage.
Seuls demeurent deux yeux verts très lumineux. Leur couleur contraste fortement avec les tonalités douces qui les entourent et concentre toute l’attention sur le regard. Celui-ci devient presque le dernier lieu où une présence semble pouvoir se maintenir.
Le livre et l’image se rejoignent alors autour d’une même interrogation : quelle image d’un être demeure lorsque celui-ci n’est plus là ? Nathalie souhaite agir sur le souvenir futur de sa famille ; le tableau, lui, retire presque toute représentation pour ne laisser au spectateur que quelques signes à partir desquels reconstruire une personne.
N comme Néphropathie diabétique fait ainsi de la disparition non pas un effacement total, mais un passage vers la mémoire. Le visage s’absente, tandis que le regard persiste.