O comme Ostéogenèse imparfaite
1 750 € TTC
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Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Deux yeux aux paupières lourdes et profondément marquées émergent d’un monochrome couleur chair. Les rides, les ombres et les formes fragmentées suffisent à suggérer l’âge et la fatigue alors que le reste du visage a disparu.
Description : O comme Ostéogenèse imparfaite appartient à L’abécédaire de l’instant du mourir, série de vingt-six œuvres conçues en relation avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.
Le récit correspondant met en scène Orlando Loradon, orthophoniste retraité de 76 ans. Veuf depuis plusieurs années, il vit seul avec Ozzy, un petit chien adopté à la SPA après la mort de son épouse Olivia.
Orlando est atteint d’ostéogenèse imparfaite, maladie qui fragilise considérablement ses os. Il connaît le danger d’une chute et fait particulièrement attention dans sa salle de bain. Un matin pourtant, un banal morceau de savon transforme une routine parfaitement ordinaire en situation irréversible.
Après avoir glissé dans la douche, Orlando ne peut plus se relever ni rejoindre son téléphone. La maison est isolée et son fils ne doit revenir que plusieurs jours plus tard. Dès lors, le temps change de nature. Les heures ne conduisent plus vers une activité future : elles deviennent une attente.
Le récit insiste sur cette lente prise de conscience. Orlando commence par chercher des solutions rationnelles, compte les jours, écoute les bruits extérieurs et l’angélus pour se repérer dans le temps. Peu à peu, l’idée abstraite de la mort se transforme en certitude personnelle.
Même Ozzy, jusque-là compagnon affectueux et rassurant, change progressivement de comportement sous l’effet de la faim. Cette transformation introduit dans le récit une situation tragique où ce qui représentait encore la compagnie et la tendresse participe finalement à précipiter la disparition d’Orlando.
Dans ses derniers instants, la pensée d’Orlando se détourne pourtant de la violence de la situation. Il pense à Olivia, imagine la retrouver et reconstruit mentalement la présence de celle qu’il a aimée. La mémoire devient ainsi son dernier espace de consolation.
Le tableau ne représente ni la chute, ni la salle de bain, ni le chien. Comme dans toute la série, il refuse l’illustration narrative directe. Le visage se réduit presque entièrement à deux yeux.
Ceux-ci se distinguent par leurs paupières lourdes, leurs rides nombreuses, les valeurs rougeâtres et les ombres qui les entourent. L’âge apparaît sans qu’il soit nécessaire de représenter l’ensemble du visage : quelques signes suffisent pour que le spectateur reconstitue une personne âgée.
C’est précisément ce mécanisme qui relie l’œuvre à l’Éloge de l’approximation. Le tableau ne donne qu’une information partielle ; le regardeur fournit ce qui manque. Une ride, une paupière, une couleur, une orientation du regard deviennent les fragments à partir desquels un visage entier peut exister mentalement.
O comme Ostéogenèse imparfaite met ainsi en tension deux formes de fragilité : celle du corps d’Orlando, vulnérable à la moindre chute, et celle de la représentation, réduite à quelques traces. Dans les deux cas pourtant, quelque chose résiste encore : le regard, la mémoire et le souvenir d’Olivia.