R comme Rupture d’anévrisme
1 750 € TTC
+ 50 € de frais de port supplémentaires
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Deux grands yeux bruns très sombres émergent d’un monochrome couleur chair. Le dessin appuyé des paupières, des cils et des sourcils donne au regard une présence particulièrement affirmée alors que le reste du visage a disparu.
Description : R comme Rupture d’anévrisme appartient à L’abécédaire de l’instant du mourir, série de vingt-six œuvres conçues en relation avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.
Le récit correspondant met en scène Rachida Raidhac, responsable qualité. À la suite d’un accident de voiture, des examens médicaux révèlent l’existence d’un anévrisme jusque-là silencieux. Une intervention est programmée, mais la rupture survient avant qu’elle puisse avoir lieu.
Rachida survit à l’hémorragie et à l’intervention d’urgence, mais son corps et ses capacités ont profondément changé. Elle doit réapprendre certains gestes, retrouver des mots, travailler son équilibre et reconstruire une autonomie devenue incertaine.
La rééducation occupe une place importante dans le récit : kinésithérapie, orthophonie et ergothérapie transforment chaque geste banal en conquête. Marcher, parler, boutonner un vêtement ou tenir une fourchette deviennent les étapes d’une nouvelle existence.
Cette reconstruction physique s’accompagne pourtant d’une autre forme de disparition. Rachida ne retrouve pas exactement celle qu’elle était. Elle se perçoit comme une version altérée d’elle-même, tandis que son couple avec Roy perd progressivement sa proximité et sa tendresse.
Le récit déplace alors la question de l’instant du mourir. Rachida a survécu biologiquement à la rupture d’anévrisme, mais elle éprouve le sentiment qu’une partie de son existence antérieure est déjà morte. La frontière entre survivre et continuer à vivre devient beaucoup moins évidente.
Dans la dernière partie du texte, la mémoire prend une place essentielle. Rachida voit apparaître la petite fille qu’elle a été. Cette enfant appartient à un passé presque inaccessible, antérieur aux blessures, aux renoncements et aux transformations de l’âge adulte.
Ce face-à-face avec elle-même agit comme une remémoration ultime. L’enfant la reconnaît alors que Rachida peine précisément à reconnaître dans sa propre existence la personne qu’elle avait été.
Le tableau rejoint directement cette interrogation. Presque tout le visage a disparu, mais les yeux demeurent. Ils deviennent les seuls éléments permettant de supposer une identité derrière la surface monochrome.
Les iris bruns très sombres, les cils et les sourcils fortement dessinés produisent une présence immédiatement perceptible. Le spectateur reconstitue mentalement le visage à partir de ces quelques indices, de la même manière que la mémoire recompose un être à partir de fragments.
R comme Rupture d’anévrisme met ainsi en relation deux reconstructions : celle d’un corps après une atteinte neurologique et celle d’une identité par la mémoire. Entre la femme devenue autre et l’enfant qu’elle retrouve mentalement, l’œuvre pose une question centrale : qu’est-ce qui demeure de nous lorsque notre propre image se transforme ?