T comme Tumeur phyllode
1 750 € TTC
+ 50 € de frais de port supplémentaires
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Deux yeux brun-rouge, entourés de cils noirs et de sourcils fortement dessinés, émergent d’un monochrome couleur chair. Leur intensité maintient une présence très affirmée alors que tout le reste du visage a disparu.
Description : T comme Tumeur phyllode appartient à L’abécédaire de l’instant du mourir, série de vingt-six œuvres conçues en relation avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.
Le récit correspondant met en scène Thiphaine Teniphahi, toiletteuse canine. Depuis l’adolescence, elle vit avec la peur de développer un cancer du sein et examine régulièrement sa poitrine à la recherche du moindre signe inquiétant.
Lorsque ses doigts rencontrent finalement une petite masse, une succession d’examens commence : consultation, mammographie, biopsie puis chirurgie. Le diagnostic tombe : une tumeur phyllode maligne.
Après les traitements et une période de surveillance encourageante, la maladie réapparaît sous forme métastatique. Cette fois, le discours médical change radicalement. Thiphaine n’attend plus une guérison mais doit envisager quelques mois seulement devant elle.
Le temps devient alors un véritable matériau du récit. Les mois sont comptés, les saisons prennent une autre valeur et chaque réunion familiale peut être envisagée comme la dernière. La mort n’est plus abstraite : elle devient une échéance.
Thiphaine entreprend alors de mettre elle-même de l’ordre dans ce qu’elle laissera derrière elle. Avec l’aide de ses amies, elle trie vêtements, livres, bijoux et objets personnels. Chaque élément banal devient soudain porteur d’un souvenir.
Cette scène donne à la mémoire une dimension matérielle. Une photographie, un foulard, une annotation dans un livre ou un objet usé ne valent plus seulement pour leur fonction : ils deviennent les fragments d’une personne absente.
Thiphaine choisit donc elle-même ce qui restera. Elle tente d’éviter à Patrick la violence d’un rangement effectué après sa mort, lorsque chaque objet risquerait de devenir brutalement la preuve de son absence.
Cette démarche rejoint directement le principe plastique de la série. Le tableau procède lui aussi par sélection et par retrait. Tout ce qui pourrait constituer un portrait complet est supprimé, à l’exception de quelques éléments jugés suffisants.
Ici, les yeux brun-rouge, les cils noirs et les sourcils forment les seuls vestiges du visage. Pourtant, ces fragments suffisent à construire immédiatement une présence.
Le spectateur accomplit ainsi mentalement un travail comparable à celui de la mémoire : il complète, associe, reconstruit. Ce qui n’est plus visible continue d’exister à travers ce qui reste.
Dans les derniers moments du récit, Thiphaine demande une sédation profonde. Elle souhaite que Patrick demeure auprès d’elle. Sa main dans la sienne, elle lui dit qu’elle l’aime, sourit puis ferme les yeux.
T comme Tumeur phyllode met ainsi en relation disparition, choix et transmission. Thiphaine organise les objets qui lui survivront ; l’œuvre, elle, organise les fragments du visage qui suffiront à préserver l’idée d’une présence.