U comme Ulcère
1 750 € TTC
+ 50 € de frais de port supplémentaires
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Deux yeux vert sombre émergent d’une vaste surface monochrome couleur chair. Les nuances mauves et rosées qui entourent les paupières donnent au regard une profondeur particulière, entre fatigue et lucidité.
Description : U comme Ulcère appartient à L’abécédaire de l’instant du mourir, série de vingt-six œuvres conçues en relation avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.
Le récit correspondant met en scène Ursula Urauls, sans emploi. Son histoire est celle d’une existence construite sur un environnement familial violent et chaotique, puis prolongée à l’âge adulte par la précarité, l’alcool, le tabac et une succession d’habitudes destructrices.
Depuis longtemps, son corps envoie pourtant des signaux : douleurs gastriques, vomissements, saignements et amaigrissement. Ursula reporte les consultations et minimise ses excès jusqu’au jour où la douleur devient impossible à ignorer.
Les premiers examens évoquent un ulcère. Mais cette hypothèse, presque rassurante en comparaison de ce qui suit, masque une maladie beaucoup plus grave. Les investigations révèlent finalement une tumeur et une atteinte cancéreuse déjà largement disséminée.
Cette révélation marque le véritable basculement du récit. Ursula comprend que l’existence qu’elle menait comme si elle pouvait continuellement repousser les conséquences de ses choix possède désormais une limite très concrète.
Pourtant, l’annonce ne provoque pas une reconstruction spectaculaire. Elle ne transforme pas soudainement le personnage en une autre femme. Ursula retourne au contraire vers ce qu’elle connaît : ses habitudes, ses excès et ses mécanismes d’oubli.
L’instant du mourir prend alors ici une forme différente. Il ne correspond pas seulement à l’arrêt biologique du corps, mais à une forme d’abandon intérieur. Le personnage semble considérer que quelque chose de son existence avait déjà disparu bien avant que la mort ne devienne imminente.
Le tableau refuse cependant toute traduction littérale de cette violence. Aucun corps malade, aucun verre, aucun médicament ni aucun décor n’apparaissent. Comme dans toute la série, presque tout est supprimé.
Deux yeux vert sombre demeurent au centre de la surface couleur chair. Ils sont accompagnés de cils très présents et de valeurs mauves qui structurent légèrement les paupières et les arcades.
Malgré l’effacement général, le regard possède une étonnante netteté. Cette persistance crée un contraste avec le récit : alors que la vie d’Ursula semble s’être progressivement désorganisée, l’image conserve un point de présence presque intact.
Là encore, l’approximation ne détruit donc pas l’identité. Quelques fragments suffisent au spectateur pour produire mentalement tout ce que la peinture ne montre plus.
U comme Ulcère met ainsi face à face deux processus inverses : une existence qui se défait dans le récit et un visage qui se reconstitue dans l’esprit du spectateur. Au moment où presque tout semble perdu, le regard demeure.