W comme Waterhouse-Friderichsen (Syndrome de)
1 750 € TTC
+ 50 € de frais de port supplémentaires
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 70 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Deux yeux sombres demeurent visibles au milieu d’un visage envahi de formes irrégulières brunes, rouges, roses et noires. La surface habituellement monochrome de la série se transforme ici en une prolifération de taches qui semble presque absorber la figure.
Description : W comme Waterhouse-Friderichsen (Syndrome de) appartient à L’abécédaire de l’instant du mourir, série de vingt-six œuvres conçues en relation avec le livre du même nom. Chaque lettre associe une maladie, un personnage, une histoire et un tableau.
Le récit correspondant met en scène Wassily Wyaliss, web designer de vingt-deux ans. Passionné depuis l’enfance par les ordinateurs, le code et la création graphique, il a déjà construit une activité professionnelle entièrement tournée vers les mondes numériques.
Son existence bascule pourtant en quelques heures. Vertiges, hypotension et apparition de taches sur la peau conduisent à son hospitalisation. Dans le récit, le diagnostic de syndrome de Waterhouse-Friderichsen est associé à une évolution foudroyante et à l’apparition d’un purpura.
Au réveil, Wassily découvre que les marques se sont multipliées sur son corps. Son propre aspect lui devient étranger. Celui qui travaillait quotidiennement à contrôler l’apparence des images et des interfaces assiste désormais à une transformation qu’il ne peut ni corriger ni interrompre.
Lorsque ses parents arrivent, ils lui annoncent la brutalité du pronostic : il ne resterait plus que quelques heures avant le coma. Wassily n’a que vingt-deux ans. L’avenir qui lui paraissait presque illimité se réduit soudain à un compte à rebours.
Son instant du mourir devient alors un étrange renversement. Ce ne sont plus ses parents qui cherchent à rassurer leur fils : c’est lui qui tente de les protéger.
Wassily leur parle d’une autre vie, de sa grand-mère disparue et de la possibilité de continuer à veiller sur eux. Peu importe finalement que cette conviction soit certaine ou non : elle devient une parole destinée à rendre la séparation supportable.
L’image introduit ici une rupture importante avec plusieurs œuvres précédentes de la série. Le monochrome couleur chair n’est plus une surface presque vide dans laquelle subsistent seulement les yeux.
Toute la surface du visage est envahie de formes irrégulières. Taches sombres, rouges, roses et brunes se superposent jusqu’à perturber la lecture habituelle des volumes.
Pourtant, les yeux demeurent reconnaissables. Ils constituent encore deux points de stabilité au milieu de cette prolifération visuelle. Le spectateur continue ainsi à percevoir un individu alors même que son visage semble progressivement absorbé par les marques qui le recouvrent.
Cette œuvre pousse donc différemment le principe de l’approximation. Il ne s’agit plus seulement de retirer des informations, mais d’en ajouter au point de brouiller la forme initiale. L’excès peut devenir aussi perturbant que l’absence.
W comme Waterhouse-Friderichsen (Syndrome de) confronte ainsi le regard à une identité menacée par sa propre surface. Presque tout change, presque tout se brouille, mais les yeux demeurent : derniers points à partir desquels une présence peut encore être reconnue.