Marilyn Monroe réinterprétée d’après Andy Warhol dans un portrait composé d’aplats polygonaux jaunes, rouges, roses, bleus et noirs, œuvre de Pierre Tomy Le Boucher.
Marilyn Monroe demeure reconnaissable à travers quelques signes de son visage tandis que son portrait se recompose en aplats polygonaux et grandes formes géométriques colorées.
Appropriation et remake

Appropriation et remake n° 01

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Marilyn Monroe demeure immédiatement reconnaissable alors que son visage, débarrassé d’une grande partie de ses informations photographiques, se reconstruit en aplats polygonaux et en grandes formes géométriques colorées.

Description : Appropriation et remake n° 01 prend pour point d’appui l’une des images les plus célèbres de la culture populaire du XXe siècle : le visage de Marilyn Monroe tel qu’Andy Warhol l’a fait entrer dans son propre vocabulaire artistique. Le choix de cette référence n’est pas neutre. Warhol avait lui-même prélevé son modèle dans une photographie publicitaire réalisée pour le film Niagara en 1953. L’appropriation commence donc avant cette œuvre : une photographie destinée à promouvoir un film devient matière artistique, puis cette matière devient à son tour le point de départ d’un nouveau remake.

Chez Warhol, Marilyn devient une image reproductible. La sérigraphie permet de répéter le même visage, de modifier les couleurs, de déplacer les superpositions et d’assumer les irrégularités de l’impression. Le portrait cesse progressivement de désigner seulement une personne pour devenir une icône immédiatement disponible dans la mémoire collective.

Pierre Tomy Le Boucher intervient précisément sur cette mémoire. Il ne cherche ni à reproduire la photographie initiale ni à fabriquer une nouvelle sérigraphie de Warhol. Le modèle est soumis à une autre écriture graphique. Le visage est découpé en surfaces anguleuses, en polygones et en aplats de couleurs franches. Le jaune des cheveux, les carnations, les noirs, les bleus et les rouges ne cherchent plus à restituer une lumière naturelle : ils construisent une nouvelle organisation du portrait.

Autour du visage apparaissent de grandes formes triangulaires rouges et roses. Elles ne constituent pas un décor et ne décrivent aucun espace réel. Elles déplacent le portrait hors de la photographie et imposent une structure géométrique qui appartient à la nouvelle proposition. La figure de Marilyn se trouve prise dans cette construction sans perdre totalement son identité.

C’est là qu’intervient L’éloge de l’approximation. Une grande partie des informations qui permettraient normalement de décrire un visage a disparu. Pourtant, le regardeur n’a besoin que de quelques indices : la masse blonde des cheveux, la forme des yeux, les lèvres, l’inclinaison du visage. À partir de ces fragments, la mémoire reconstruit ce qui n’est plus représenté.

Le remake ne consiste donc pas à refaire correctement l’œuvre précédente. Il mesure au contraire la distance qu’il est possible d’introduire avant que le modèle ne disparaisse. Plus l’image s’éloigne de la ressemblance tout en restant identifiable, plus la mémoire du regardeur est sollicitée. L’œuvre existe précisément dans cet intervalle entre ce qui est montré et ce que chacun ajoute mentalement.

Cette proposition possède ainsi une situation particulière dans le principe d’appropriation. Warhol transforme une photographie de cinéma en œuvre ; Pierre Tomy Le Boucher s’approprie à son tour une image déjà appropriée. Marilyn traverse successivement la photographie publicitaire, la culture populaire, le Pop Art puis une nouvelle écriture graphique. À chaque passage, quelque chose disparaît et quelque chose d’autre apparaît.

L’appropriation devient alors moins un emprunt qu’une transmission. À la manière d’une reprise musicale, le motif reste connu mais change d’interprète. Le plaisir vient précisément de cette double perception : reconnaître ce qui était déjà là et découvrir ce que le nouvel auteur en a fait.