Réinterprétation de Girl with Balloon de Banksy : silhouette anguleuse noire et blanche d’une jeune fille tenant le fil d’une forme rouge, œuvre de Pierre Tomy Le Boucher.
La fillette et son ballon rouge, empruntés à l’imaginaire de Banksy, sont réduits à quelques signes géométriques noirs, blancs, gris et rouges.
Appropriation et remake

Appropriation et remake n° 02

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : La fillette et son ballon rouge, empruntés à l’imaginaire de Banksy, sont réduits à quelques signes géométriques noirs, blancs, gris et rouges dont la mémoire restitue presque spontanément le modèle.

Description : Appropriation et remake n° 02 prend pour point d’appui Girl with Balloon, l’un des motifs les plus immédiatement reconnaissables de Banksy. Dans l’image originale, une jeune fille représentée en silhouette noire tend le bras vers un ballon rouge en forme de cœur qui s’éloigne d’elle. Quelques éléments seulement organisent la scène, mais leur association a acquis une puissance iconique considérable.

Le remake conserve cette économie de signes tout en la déplaçant vers une autre écriture graphique. La jeune fille ne possède pratiquement plus de continuité corporelle. Son visage, ses cheveux, son buste et ses jambes sont reconstruits à partir de surfaces noires, blanches et grises qui s’emboîtent, se chevauchent ou s’interrompent.

La silhouette humaine devient ainsi presque abstraite. Le corps ne se donne plus comme une forme descriptive mais comme une succession d’angles, de pointes, de ruptures et de masses contrastées. La position générale suffit pourtant à conserver l’idée d’un personnage debout, légèrement incliné, dont le bras établit une relation avec la forme rouge située à gauche.

Le ballon subit une transformation encore plus radicale. Le cœur rouge caractéristique de l’image de Banksy disparaît au profit d’une forme triangulaire rouge suspendue à un fil. La couleur demeure, la position demeure, la relation avec le personnage demeure, mais le signe lui-même a changé.

Cette transformation constitue précisément le territoire de L’éloge de l’approximation. Le regard ne reçoit plus l’ensemble des informations nécessaires à une reconnaissance littérale. Il doit travailler. Quelques éléments sont proposés : une petite figure, un bras, un fil, une forme rouge qui s’éloigne. La mémoire rapproche alors ces fragments d’une image déjà rencontrée et complète ce qui manque.

La ressemblance ne dépend donc plus de l’exactitude. Elle naît de la persistance de quelques rapports essentiels. Le personnage pourrait être davantage détaillé, le ballon pourrait retrouver sa forme de cœur, mais cette précision diminuerait paradoxalement le rôle attribué au regardeur. L’image fonctionne parce qu’elle laisse des absences.

De vastes structures grises traversent également la composition. Elles ne correspondent à aucun élément du modèle initial. Elles introduisent une nouvelle architecture visuelle faite de diagonales, de triangles et de plans qui entourent la figure sans produire de décor réaliste. Le remake cesse ainsi d’être une simple transformation du personnage pour devenir une composition autonome.

La relation avec Banksy ajoute une autre dimension au principe d’appropriation. Le street art procède déjà par circulation : une image apparaît sur un mur, est photographiée, reproduite, imprimée et finit par appartenir à une mémoire visuelle beaucoup plus vaste que son emplacement initial. Le remake prélève cette image désormais familière et la soumet à une nouvelle écriture.

L’histoire ultérieure de Girl with Balloon renforce encore ce déplacement. Lors d’une vente aux enchères en 2018, une version encadrée de l’œuvre s’est partiellement déchiquetée grâce à un mécanisme dissimulé dans son cadre, donnant naissance à une nouvelle œuvre intitulée Love is in the Bin. L’image originale avait déjà changé de statut avant même d’être reprise ici : une œuvre pouvait donc en engendrer une autre par sa propre transformation.

Le remake fonctionne finalement comme une reprise musicale. Le motif demeure suffisamment présent pour être reconnu, mais il appartient désormais à une autre interprétation. Entre Banksy et cette nouvelle proposition se crée un écart ; c’est précisément dans cet écart que l’œuvre trouve son autonomie.