Appropriation et remake n° 13
1 750 € TTC
+ 50 € de frais de port supplémentaires
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Olympia allongée, Laure debout auprès d’elle et le chat noir demeurent perceptibles tandis que le lit et l’espace se fragmentent en vastes formes vertes, jaunes, blanches et brunes.
Description : Appropriation et remake n° 13 prend pour point d’appui Olympia, peinte par Édouard Manet en 1863. L’image appartient depuis longtemps à la mémoire collective : une femme nue est allongée sur un lit, une seconde femme se tient debout derrière elle avec un bouquet, tandis qu’un petit chat noir apparaît à l’extrémité droite de la composition.
Le remake conserve ces rapports essentiels mais bouleverse presque entièrement leur représentation. La chambre disparaît. Le lit ne possède plus de contour véritable. Les draps, les coussins, les corps et les vêtements sont morcelés en surfaces géométriques qui s’emboîtent, s’interrompent ou se prolongent dans l’espace.
Olympia demeure pourtant immédiatement repérable. Sa position horizontale constitue l’un des principaux signes de reconnaissance. Le corps clair traverse la partie centrale de l’image et maintient une ligne générale suffisamment forte pour que la mémoire restitue la femme allongée.
Le visage conserve quelques informations, mais il n’est pas indispensable à la reconnaissance de l’œuvre. La position du corps, le bras, les jambes et la relation avec la seconde figure suffisent à reconstruire une grande partie de la scène.
Laure, placée dans la partie supérieure droite, possède une présence différente. Son visage et certaines parties de son vêtement restent perceptibles tandis que le bouquet se mêle aux verts, aux blancs et aux gris qui traversent la figure.
Le rapport entre les deux femmes devient ainsi plus important que leur précision individuelle. L’une est allongée, l’autre debout. L’une occupe principalement l’horizontale, l’autre introduit une verticale. Cette opposition suffit à conserver une part essentielle de la structure du tableau de Manet.
Le petit chat noir placé à droite constitue un signe presque minuscule mais particulièrement efficace. Sa silhouette reste beaucoup plus lisible que certains fragments du corps humain. Sa présence fonctionne comme un indice mémoriel : ce détail suffit à renforcer brutalement la relation avec Olympia.
Les grandes surfaces vertes dominent désormais la composition. Elles remplacent l’obscurité du fond et une partie du mobilier par une série de triangles et de polygones qui ne décrivent plus véritablement un espace intérieur.
Le jaune agit comme une seconde force. Il traverse l’arrière-plan, apparaît entre les figures et se prolonge sous le corps. La couleur ne sert plus à reproduire une matière ou une lumière : elle devient un principe d’organisation.
Les blancs et les tonalités crème occupent une place particulièrement importante dans la partie inférieure et autour d’Olympia. Ils conservent une relation avec le lit et les draps du modèle tout en devenant des formes autonomes, parfois difficiles à distinguer du corps lui-même.
Cette confusion entre corps, tissu et espace rejoint directement L’éloge de l’approximation. Le regardeur ne sait pas toujours où se termine une jambe et où commence un drap. Il reconstitue les limites à partir de la position attendue des éléments et de la mémoire qu’il possède de la scène.
La reconnaissance fonctionne donc moins par l’exactitude que par la persistance d’une structure. Une femme allongée, une autre debout, une grande masse claire et un chat noir forment une combinaison suffisamment singulière pour que l’image de Manet réapparaisse malgré la disparition d’une grande quantité d’informations.
Le principe d’appropriation possède ici une profondeur supplémentaire. Manet lui-même avait construit Olympia en dialoguant avec des œuvres plus anciennes. La Vénus d’Urbin du Titien, la Maja desnuda de Goya et la tradition de l’odalisque sont déplacées vers une représentation contemporaine, débarrassée de l’idéalisation académique.
Le remake intervient donc sur une œuvre qui était déjà une réinterprétation. Un modèle ancien devient Manet ; Manet devient à son tour une image mémorisée ; cette image est ensuite fragmentée jusqu’à ne conserver que certains rapports essentiels.
Cette succession montre que l’appropriation n’est pas nécessairement une répétition. Chaque déplacement retire quelque chose, en accentue autre chose et introduit une nouvelle lecture. La référence demeure, mais elle change de fonction.
Dans cette proposition, Olympia subsiste moins comme tableau que comme souvenir de tableau. Les contours disparaissent, les matières s’effacent, les couleurs changent, mais l’organisation reste suffisamment présente pour déclencher la reconnaissance. C’est précisément dans cet intervalle entre disparition et persistance que se construit le remake.