Réinterprétation de Femme assise accoudée de Pablo Picasso, portrait de Marie-Thérèse Walter fragmenté en aplats géométriques jaunes, bruns, noirs, turquoise et verts, œuvre de Pierre Tomy Le Boucher.
Marie-Thérèse Walter demeure identifiable dans une pose accoudée tandis que son visage, son vêtement et l’espace environnant se recomposent en grandes formes jaunes, brunes et colorées.
Appropriation et remake

Appropriation et remake n° 14

1 750 € TTC

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Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Marie-Thérèse Walter demeure identifiable dans une pose accoudée tandis que son visage, son vêtement et l’espace environnant se recomposent en grandes formes jaunes, brunes et colorées.

Description : Appropriation et remake n° 14 prend pour point d’appui Femme assise accoudée, portrait de Marie-Thérèse Walter peint par Pablo Picasso le 8 janvier 1939. La femme apparaît assise, la tête appuyée sur son bras droit, dans une attitude calme qui constitue l’un des principaux éléments de permanence entre le modèle et sa transformation.

L’œuvre de Picasso possède déjà une particularité essentielle pour cette série. Le visage n’y obéit pas à une représentation anatomique conventionnelle. Les yeux, le nez et la bouche sont déplacés, fragmentés et réunis selon une logique qui doit davantage à la construction picturale qu’à l’exactitude physiologique.

Le remake intervient donc, une nouvelle fois, sur une représentation ayant déjà pris ses distances avec la ressemblance traditionnelle. Il ne s’agit pas de déformer une photographie réaliste de Marie-Thérèse Walter, mais de transformer une première transformation.

Le visage demeure pourtant la zone la plus stable de la nouvelle composition. Les yeux, le nez et la bouche restent suffisamment présents pour permettre une lecture immédiate du portrait. Leur continuité disparaît, mais leurs positions relatives continuent d’organiser la perception.

La tête elle-même connaît une fragmentation beaucoup plus forte. Les cheveux et les ornements se développent en surfaces rouges, blanches, noires et brunes qui s’écartent progressivement du visage. Certaines formes appartiennent encore clairement au personnage ; d’autres deviennent des éléments géométriques autonomes.

Le bras sur lequel repose la tête conserve un rôle essentiel. Cette attitude particulière constitue presque une signature de la composition. Même profondément simplifiée, elle suffit à rappeler la relation entre le visage, la main et le corps assis.

Le vêtement produit un contraste avec la fragmentation du visage. Les jaunes, les turquoise, les gris et les verts y apparaissent sous forme de surfaces plus amples. La matière picturale semble momentanément retrouver une continuité avant de se disperser à nouveau vers les limites du personnage.

Les grandes formes brun foncé présentes autour de la tête modifient profondément l’organisation de l’espace. Elles ne décrivent aucun décor réel. Elles fonctionnent comme des masses indépendantes qui encadrent la figure, la traversent parfois et participent à la tension générale de la composition.

Le jaune agit de manière différente. Il forme plusieurs grandes surfaces qui passent derrière le personnage et se prolongent vers les bords de l’image. Cette couleur établit une relation entre le vêtement et le fond sans que l’un puisse véritablement être confondu avec l’autre.

L’éloge de l’approximation intervient précisément dans cette coexistence entre présence et disparition. Le portrait n’a plus besoin de fournir une anatomie complète. Quelques signes correctement disposés suffisent pour que le regardeur reconstitue une personne assise, un visage, une main et une attitude.

La mémoire complète les contours interrompus. Une surface claire prolonge mentalement le front ; plusieurs fragments noirs deviennent une chevelure ; une masse jaune et turquoise reconstitue un vêtement. Les formes ne sont figuratives que parce que leur position permet de leur attribuer une fonction.

Cette reconstruction devient particulièrement intéressante face à Picasso. Dans le modèle de 1939, le déplacement anatomique ne détruit déjà pas la présence de Marie-Thérèse Walter. Au contraire, la déformation devient l’un des moyens par lesquels le portrait acquiert son identité.

Le remake ajoute une nouvelle distance. La fragmentation picassienne est soumise à une seconde fragmentation fondée exclusivement sur la droite, le triangle et le polygone. L’image s’éloigne encore davantage de son modèle tout en conservant certains rapports indispensables à sa reconnaissance.

L’appropriation ne consiste donc pas à refaire Picasso. Elle utilise son portrait comme une mémoire disponible, susceptible d’être démontée et réorganisée. La référence demeure perceptible mais cesse d’être une finalité.

Cette proposition atteint finalement un équilibre entre ressemblance et écart. Marie-Thérèse Walter reste présente, Picasso reste perceptible, mais l’image appartient désormais à une autre construction. Le remake existe précisément dans cette zone où le souvenir du modèle rencontre une forme qui n’est déjà plus lui.