Réinterprétation de La Danse d’Henri Matisse, cinq figures orangées formant une ronde fragmentée en droites et plans géométriques sur de grandes surfaces bleues, vertes et jaunes, œuvre de Pierre Tomy Le Boucher.
Cinq danseurs orangés forment encore une ronde, mais leurs corps et leurs gestes deviennent un réseau tendu de droites, d’angles et de grands plans colorés.
Appropriation et remake

Appropriation et remake n° 27

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Cinq danseurs orangés forment encore une ronde, mais leurs corps et leurs gestes deviennent un réseau tendu de droites, d’angles et de grands plans colorés.

Description : Appropriation et remake n° 27 prend pour point d’appui La Danse d’Henri Matisse, réalisée en 1909-1910. Cinq figures nues forment une ronde dont l’élan collectif constitue l’essentiel de l’image. Le remake conserve cette organisation immédiatement reconnaissable mais transforme profondément la nature du mouvement.

Chez Matisse, la continuité des bras, des jambes et des corps entretient la circulation. La ronde se construit par des courbes qui conduisent naturellement d’une figure à l’autre. Ici, presque toute cette souplesse disparaît.

Les corps orangés deviennent des assemblages de droites, de pointes et d’angles. Un bras n’est plus seulement un membre : il devient une trajectoire. Une jambe se transforme en diagonale. Les articulations elles-mêmes introduisent des changements brusques de direction.

La droite acquiert ainsi une fonction particulièrement intéressante : **elle ne détruit pas le mouvement, elle le met sous tension**. La danse continue, mais elle cesse d’être fluide. Elle devient succession d’impulsions, de ruptures et de relances.

Les contacts entre les personnages demeurent essentiels. Certaines mains semblent encore se rejoindre tandis que d’autres relations sont seulement suggérées par la proximité des directions. La ronde est donc moins dessinée que reconstruite mentalement.

Les grands plans bleus renforcent cette énergie. Leurs diagonales traversent les figures et créent plusieurs axes puissants. Le vert intervient dans la partie inférieure comme une masse plus dense tandis que le jaune ouvre largement l’espace supérieur.

La couleur conserve ainsi quelque chose de la simplicité radicale du modèle, mais les rapports changent. Les surfaces ne servent plus seulement à distinguer corps, ciel et sol : elles deviennent elles-mêmes des forces qui traversent la ronde.

L’éloge de l’approximation intervient avec évidence. Aucun danseur n’est anatomiquement complet. Les corps sont interrompus, anguleux, parfois réduits à quelques plans. Pourtant, cinq présences humaines apparaissent immédiatement et leur mouvement collectif ne fait aucun doute.

La mémoire restitue les courbes que l’image refuse. Elle relie les bras, reconstitue les jambes et transforme les angles en articulations. Le regard reçoit une géométrie ; il reconstruit une danse.

Cette transformation met également en évidence la puissance propre de la droite. Chez Matisse, la ronde exprime le rythme par la fluidité. Dans le remake, le rythme naît de la confrontation des directions. Les danseurs semblent moins glisser qu’être entraînés par des forces successives.

La droite ne produit donc ni immobilité ni froideur. Elle peut au contraire contenir une énergie considérable. Chaque diagonale pousse le mouvement vers une autre figure et chaque angle prépare une nouvelle direction.

L’appropriation conserve finalement l’idée essentielle de Matisse — cinq corps réunis par le rythme — mais remplace sa grammaire. La courbe devient droite, la fluidité devient tension, la ronde devient architecture dynamique.

Le modèle reste parfaitement perceptible, mais la nouvelle image possède sa propre force. La danse n’est plus seulement représentée : **elle semble circuler d’une droite à l’autre comme une énergie que chaque corps transmet au suivant.**