Chausson
650 € TTC
+ 50 € de frais de port supplémentaires
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Photographie numérique au format horizontal 80 × 58 cm. Impression grand format sur papier, laminée sur une plaque Aluminium Dibond 3 mm avec protection anti-UV et système d’accroche permettant de déporter l’œuvre du mur.
Légende : Un chausson rose, usé et profondément déformé, repose parmi plusieurs chaussures abandonnées. Les plis, les taches, les frottements et les changements de couleur transforment sa surface en une accumulation de traces.
Description : Chausson appartient à la série L’esthétique du stigmate. L’objet photographié est banal, familier et immédiatement reconnaissable. Pourtant, son usage semble définitivement terminé.
Sa forme initiale s’est affaissée. Les différentes parties du chausson se replient les unes sur les autres et produisent des volumes qui ne correspondent plus à la géométrie régulière d’un objet neuf.
Les matières conservent également les traces de leur histoire. Le tissu présente des zones ternies, des salissures et des variations de couleur. L’intérieur est fortement marqué, tandis que les bordures et les coutures apparaissent déformées par l’usage.
Ces altérations ne sont plus considérées comme des défauts qu’il faudrait effacer. Elles constituent précisément ce qui donne désormais à l’objet sa singularité.
Le chausson neuf appartenait à une série d’objets identiques. Son vieillissement l’a rendu unique. Les plis, les taches, les déformations et les accidents qui composent sa surface ne pourraient être reproduits exactement.
Autour de lui, les autres chaussures introduisent des matières et des couleurs différentes : cuir brun, surface blanche, rouge brillant, semelles, tissus et débris. L’ensemble forme presque un paysage de formes abandonnées.
Le cadrage rapproche ces objets au point de réduire leur fonction première. Une chaussure devient une surface blanche, une autre une masse rouge et brillante, tandis que le chausson devient un ensemble de plis roses, gris et bruns.
Le stigmate réside ici moins dans une destruction spectaculaire que dans l’accumulation progressive des marques de l’usage. Chaque frottement, chaque déformation et chaque salissure modifie légèrement la forme initiale.
Chausson montre ainsi comment un objet extrêmement ordinaire peut, au moment où il cesse d’être utile, acquérir une présence plastique nouvelle.