Parabole du filet
Dans l’Évangile selon Matthieu, Jésus compare le royaume des cieux à un filet jeté dans la mer et ramassant toutes sortes de poissons. Une fois rempli, le filet est tiré sur le rivage. Les pêcheurs s’assoient alors pour trier leur prise : ce qui est bon est placé dans des récipients, tandis que ce qui est mauvais est rejeté.
Jésus donne lui-même à cette image une portée eschatologique : à la fin du monde, les anges sépareront les justes des méchants. Le filet devient ainsi une métaphore du rassemblement universel, tandis que le tri final représente le jugement et la séparation.
L’image choisit précisément le moment où la pêche est terminée mais où tout reste encore à décider. Trois personnages occupent le rivage. Le filet est sorti de l’eau, les poissons sont répandus au sol et les pêcheurs commencent à les examiner et à les répartir. La scène ne représente donc pas l’acte de capturer, mais celui de distinguer.
D’un point de vue sémiologique, le filet constitue le premier signe essentiel de l’œuvre. Par sa structure même, il rassemble sans choisir. Dans l’eau, il retient indistinctement tout ce qui se trouve sur son passage. Sa présence au centre de la composition rappelle donc une première étape où aucune distinction n’a encore été opérée.
Les poissons dispersés au premier plan constituent le second ensemble de signes. Leur diversité rend visible le caractère hétérogène de la prise. Ils ne sont plus dissimulés dans le filet : ils sont désormais exposés au regard, disponibles pour l’examen et la séparation.
Les gestes des pêcheurs organisent alors la signification de la scène. Chacun manipule, observe ou déplace les poissons. Les paniers et les tonneaux deviennent les signes matériels du classement. À l’unité confuse du filet succède ainsi une série de décisions : garder, déplacer, écarter.
Le rivage joue lui aussi un rôle symbolique. Il constitue un seuil entre deux espaces : la mer, lieu du rassemblement indistinct, et la terre, lieu du tri. Ce passage de l’eau au rivage correspond visuellement au passage d’un état où tout est mêlé à un état où une distinction devient nécessaire.
Sur le plan iconologique, le filet représente le royaume qui rassemble largement et sans sélection préalable. La diversité des poissons peut alors renvoyer à la diversité humaine elle-même. La séparation n’intervient qu’ensuite, et elle n’est pas laissée au hasard : elle devient la figure du jugement final évoqué par la parabole.
Cette lecture est importante car l’image ne fait pas du pêcheur un simple travailleur du rivage. Son geste de tri acquiert une dimension symbolique : il met en scène le discernement, la distinction et la conséquence des choix accomplis au cours d’une existence.
Le regardeur se trouve ainsi placé devant une scène à la fois familière et inquiétante. Le filet a déjà été tiré. Le rassemblement est terminé. Il ne reste plus qu’à examiner ce qui a été recueilli. La parabole transforme alors une activité quotidienne en réflexion sur le jugement, la responsabilité et la valeur de ce qui demeure lorsque vient le moment de séparer.
1 750 € TTC
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Caractéristiques de l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1).
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