Aude de Kerros
Graveur, peintre et essayiste — L’intelligence de la mise en perspective
Chez Aude de Kerros, l’intelligence pourrait être celle de la mise en perspective. Sa double expérience d’artiste et d’essayiste lui permet d’observer la création non seulement à travers les œuvres, mais aussi à travers leur histoire, leur environnement culturel et les mécanismes qui organisent leur visibilité.
Mettre en perspective consiste à ne pas isoler une information, mais à la replacer dans un ensemble plus vaste. Une œuvre peut alors être regardée simultanément pour ce qu’elle montre, pour la démarche dont elle procède et pour la place qu’elle occupe dans son époque. L’intelligence devient ici une capacité à relier plusieurs niveaux de lecture afin de mieux comprendre ce que l’on regarde.
Comprendre une œuvre, c’est parfois aussi comprendre tout ce qui l’entoure.
Prix : 1 750 € TTC
Participation aux frais de port : 50 €
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Aude de Kerros — L’intelligence de la mise en perspective. Le visage émerge d’une organisation particulièrement foisonnante de plans colorés tandis qu’une longue ligne rouge traverse diagonalement la composition.
Description : Ce portrait d’Aude de Kerros appartient à la série Peoples – Les intelligents. Graveur, peintre et essayiste, elle développe parallèlement à sa pratique artistique une réflexion consacrée à l’art, à son histoire récente et aux structures qui participent à sa diffusion.
La forme d’intelligence retenue ici est celle de la mise en perspective. Elle consiste à déplacer le regard au-delà de l’objet immédiatement visible pour observer les liens qui l’unissent à un contexte, à une histoire et à un ensemble de relations plus vastes.
Cette manière de penser suppose de rapprocher des informations de nature différente. La pratique de l’artiste, l’analyse de l’essayiste, l’histoire des formes, le marché, les institutions ou encore la réception des œuvres peuvent alors participer à une même réflexion.
Le portrait lui-même semble prolonger cette logique. Le visage ne constitue qu’un élément parmi une multitude de formes qui se croisent, se superposent et se prolongent bien au-delà de ses contours.
Une grande surface jaune traverse la partie supérieure de l’image. Autour du visage, des triangles verts, turquoise, mauves, noirs et beige construisent un espace particulièrement éclaté. Certaines formes semblent appartenir à la figure, tandis que d’autres paraissent entièrement autonomes.
Une longue ligne rouge traverse diagonalement la composition. Elle passe devant le visage et introduit une direction qui relie plusieurs zones de l’image sans appartenir véritablement à aucune d’elles.
Malgré cette profusion, l’identité reste perceptible. Quelques fragments du regard, de la bouche, du nez et des volumes du visage suffisent pour que la mémoire rassemble des informations pourtant très dispersées.
Cette reconstruction rejoint L’Éloge de l’approximation. Le regard ne traite pas isolément chaque forme. Il établit des relations, élimine certaines informations, en privilégie d’autres et reconstruit progressivement une totalité.
La perception fonctionne ainsi elle-même par mise en perspective : elle ne cherche pas seulement à identifier chaque fragment, mais à comprendre les relations qui permettent à tous ces fragments de devenir un visage.