Edgar Morin
Sociologue et philosophe — L’intelligence de la complexité
Chez Edgar Morin, l’intelligence pourrait être celle de la complexité. Comprendre un phénomène ne consiste pas seulement à l’isoler pour mieux l’étudier, mais aussi à retrouver les relations qui l’unissent à d’autres phénomènes, à d’autres disciplines et à d’autres niveaux de connaissance.
La complexité n’est pas la complication. Elle oblige au contraire à organiser ce qui paraît dispersé, à maintenir ensemble des éléments différents, parfois contradictoires, et à accepter qu’une réalité puisse changer selon le point depuis lequel on l’observe. L’intelligence devient alors capacité à relier sans réduire.
Comprendre, c’est peut-être moins séparer le monde que découvrir les liens qui permettent de le penser ensemble.
Prix : 1 750 € TTC
Participation aux frais de port : 50 €
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Edgar Morin — L’intelligence de la complexité. De multiples fragments apparemment indépendants s’organisent autour du visage et deviennent, lorsqu’ils sont regardés ensemble, une identité immédiatement reconnaissable.
Description : Ce portrait d’Edgar Morin appartient à la série Peoples – Les intelligents. Sociologue et philosophe, il a développé une pensée fondée sur la nécessité de relier les connaissances et de dépasser le cloisonnement des disciplines pour mieux appréhender la complexité du réel.
La forme d’intelligence retenue ici est donc celle de la complexité. Elle ne consiste pas à rendre les choses plus compliquées, mais à résister à la tentation de les expliquer par une cause unique ou de les enfermer dans une seule catégorie.
Un être humain appartient simultanément à une histoire, une société, une culture, un environnement biologique et un réseau de relations. Chacun de ces éléments peut être étudié séparément, mais aucun ne suffit à lui seul à rendre compte de l’ensemble.
Penser la complexité consiste alors à accepter plusieurs niveaux d’explication et à rechercher les relations qui permettent de les faire dialoguer.
Le portrait offre une traduction plastique presque immédiate de cette idée. Aucune forme ne décrit complètement le visage. Une multitude de triangles, de pointes, de surfaces colorées et d’interruptions coexistent dans la composition.
Certaines formes paraissent appartenir au front ou aux cheveux, tandis que d’autres s’éloignent du personnage et deviennent presque autonomes. Les bleus, les violets, les noirs, les rouges et les bruns construisent plusieurs espaces simultanés.
Pourtant, le regard ne perçoit pas cette diversité comme un simple désordre. Il cherche des relations entre les fragments et les organise spontanément autour des yeux, du nez, de la bouche et de la forme générale de la tête.
La longue ligne rouge qui traverse la composition ajoute encore une direction indépendante. Elle ne décrit aucune limite anatomique mais participe néanmoins à l’équilibre général de l’image.
La reconnaissance apparaît lorsque le regard cesse précisément d’examiner chaque élément séparément. Les fragments deviennent un visage parce qu’ils sont perçus comme les parties d’un ensemble plus vaste.
Cette opération rejoint directement L’Éloge de l’approximation. Nous ne possédons jamais toutes les informations nécessaires, mais nous sommes capables d’établir des relations, de compléter les manques et de construire une représentation suffisamment cohérente pour qu’elle prenne sens.
La pensée d’Edgar Morin et le mécanisme perceptif du portrait se rencontrent ainsi autour d’un même principe : isoler les fragments permet de les observer ; les relier permet de comprendre ce qu’ils forment ensemble.