Michel Serres
Philosophe et historien des sciences — L’intelligence des passages
Chez Michel Serres, l’intelligence pourrait être celle des passages. Son travail traverse les sciences, la philosophie, la littérature, l’histoire ou encore les questions liées à la nature, non pour les confondre, mais pour découvrir les relations qui peuvent apparaître lorsqu’une idée passe d’un domaine à un autre.
Passer d’un savoir à un autre suppose d’accepter de quitter momentanément ses repères. Une notion change lorsqu’elle rencontre un autre langage, une autre discipline ou une autre manière de regarder le monde. L’intelligence devient alors capacité à franchir les frontières sans perdre ce que chaque territoire possède de particulier.
Une idée nouvelle apparaît parfois moins dans un territoire déjà connu que dans le passage qui relie deux territoires.
Prix : 1 750 € TTC
Participation aux frais de port : 50 €
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Michel Serres — L’intelligence des passages. Le visage se construit à la rencontre de fragments dont certains appartiennent clairement à la figure tandis que d’autres semblent déjà se diriger vers un espace extérieur.
Description : Ce portrait de Michel Serres appartient à la série Peoples – Les intelligents. Philosophe et historien des sciences, il a développé une œuvre caractérisée par la circulation entre différents domaines du savoir et par le refus de leur cloisonnement.
La forme d’intelligence retenue ici est celle des passages. Comprendre ne consiste pas seulement à approfondir un territoire déjà connu. Il peut également être nécessaire de passer d’un domaine à un autre afin de découvrir des relations qui demeuraient invisibles lorsqu’ils étaient étudiés séparément.
La science peut ainsi rencontrer la philosophie, la littérature dialoguer avec les mathématiques, la nature avec la culture. Chaque déplacement oblige à modifier légèrement son vocabulaire et sa manière de penser.
Le passage n’efface pourtant pas les différences. Il les rend au contraire nécessaires. Pour qu’une relation apparaisse entre deux territoires, il faut d’abord qu’ils ne soient pas identiques.
Le traitement plastique du portrait fonctionne lui aussi par déplacements. Les fragments du visage ne restent pas enfermés dans une silhouette continue. Ils se prolongent, s’interrompent ou rencontrent des formes qui semblent provenir d’un autre espace.
Les yeux constituent deux points particulièrement stables. Autour d’eux, le front, les joues, le nez et la bouche sont beaucoup plus fragmentés et construits à partir de surfaces de dimensions très différentes.
Certaines formes brunes et orangées appartiennent momentanément au visage avant de se transformer en éléments géométriques autonomes. Les grandes surfaces claires et mauves de l’arrière-plan produisent d’autres directions et d’autres profondeurs.
Une ligne rouge traverse verticalement plusieurs zones de la composition. Elle passe sans transition du dehors au dedans du visage et crée ainsi elle-même une sorte de passage entre des espaces différents.
Le regardeur doit continuellement circuler entre deux lectures. À certains endroits, il perçoit un ensemble abstrait de triangles et de droites ; à d’autres, ces mêmes éléments deviennent immédiatement un front, un œil ou une joue.
Cette circulation rejoint L’Éloge de l’approximation. Reconnaître suppose précisément de pouvoir passer du fragment à l’ensemble, de la forme géométrique au visage et de l’information présente à celle que la mémoire restitue.
Le portrait et la pensée de Michel Serres se rencontrent ainsi autour d’une même proposition : ce qui sépare deux territoires peut devenir un obstacle, mais aussi un lieu de circulation où quelque chose de nouveau apparaît.