Réinterprétation d’un autoportrait de Bernard Buffet de 1981, visage masculin frontal fragmenté en aplats polygonaux noirs, blancs, orange, jaunes et chair, œuvre de Pierre Tomy Le Boucher.
Le visage de Bernard Buffet se fragmente en plans anguleux noirs, blancs et colorés tout en conservant l’intensité du regard et la présence du portrait.
Appropriation et remake

Appropriation et remake n° 03

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Le visage de Bernard Buffet se fragmente en plans anguleux noirs, blancs et colorés tout en conservant l’intensité du regard et la présence du portrait.

Description : Appropriation et remake n° 03 prend pour point d’appui un autoportrait de Bernard Buffet daté de 1981. Cette fois, le remake rencontre un modèle dont la construction possède déjà une forte tension graphique. Le visage n’est pas seulement un sujet à reconnaître : il porte lui-même une écriture faite de lignes, d’angles, de contractions et de ruptures.

Cette proximité rend le principe d’appropriation particulièrement intéressant. Il ne s’agit pas de transformer une image réaliste en composition géométrique, mais de faire rencontrer deux écritures qui partagent certaines tensions sans jamais se confondre. La dureté graphique du modèle trouve ainsi un prolongement dans une construction faite de polygones, de pointes et d’aplats.

Le visage occupe presque toute la partie supérieure de la composition. Le front, les yeux, le nez, les joues et la bouche ne sont plus reliés par une continuité anatomique. Chaque élément paraît construit séparément, comme si le portrait avait éclaté avant d’être réassemblé.

Le regard joue un rôle essentiel dans cette reconstruction. Les yeux demeurent relativement petits au milieu d’une profusion de formes, mais leur horizontalité et leur intensité stabilisent l’ensemble. Le visage peut perdre une partie considérable de sa précision sans perdre complètement sa présence.

Les noirs et les bleus très sombres structurent la chevelure, les yeux, certaines parties du visage et le vêtement. Ils rencontrent des surfaces chair très claires, presque blanches, auxquelles répondent des oranges, des rouges et des jaunes beaucoup plus lumineux.

Ces couleurs ne cherchent pas à restituer fidèlement une carnation ou un éclairage. Elles fonctionnent comme des éléments de construction. Certaines traversent le visage, d’autres s’en échappent et se développent dans l’espace environnant sous forme de triangles et de pointes.

Le portrait cesse ainsi d’être enfermé dans ses propres limites. Des fragments rouges, orange et jaunes prolongent le personnage vers les bords de l’image. Figure et fond commencent à appartenir à un même système graphique, comme si la fragmentation du visage contaminait progressivement tout l’espace.

L’éloge de l’approximation intervient précisément dans cette perte de continuité. Un visage humain pourrait exiger une grande précision pour rester reconnaissable. Ici, le principe inverse est recherché. Des informations sont volontairement supprimées, déplacées ou exagérées, mais quelques rapports essentiels demeurent.

Le regardeur reconstitue alors mentalement les zones manquantes. Une ligne noire peut devenir une paupière, deux surfaces opposées reconstituer une joue, un fragment clair prolonger un front. L’image ne livre plus entièrement son sujet : elle fournit suffisamment d’indices pour que la mémoire accomplisse le reste.

Le remake permet donc de mesurer une distance. Trop proche du modèle, il ne serait qu’une répétition. Trop éloigné, il perdrait la possibilité même de l’appropriation puisque la référence disparaîtrait. L’œuvre cherche cet endroit instable où Bernard Buffet reste perceptible alors que son autoportrait appartient déjà à une autre écriture.

Cette tension est peut-être plus visible ici que dans d’autres remakes de la série. Le modèle possédait déjà une forte identité graphique. La transformation ne cherche donc pas à effacer cette identité mais à la traverser, à la déplacer et finalement à éprouver jusqu’où la ressemblance peut supporter l’écart.