Appropriation et remake n° 05
1 750 € TTC
+ 50 € de frais de port supplémentaires
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Le portrait se recompose au milieu de grandes formes jaunes, vertes, grises et brunes tandis que le visage conserve suffisamment d’indices pour résister à la fragmentation.
Description : Appropriation et remake n° 05 prend pour point d’appui le portrait de François Boucher peint par Alexandre Roslin en 1760. Le personnage est présenté en buste, légèrement tourné, selon une organisation qui accorde naturellement au visage une importance déterminante.
Le remake conserve cette présence mais bouleverse presque entièrement son environnement. Le fond disparaît au profit de grandes surfaces géométriques jaunes, vertes, grises et blanches. Certaines s’étendent bien au-delà du portrait tandis que d’autres viennent au contraire pénétrer la figure.
Le visage constitue la zone où la reconnaissance résiste le plus fortement. Les yeux, le nez, la bouche et certaines valeurs de carnation restent perceptibles, mais aucun de ces éléments ne conserve une continuité véritable. Ils sont découpés en petites surfaces triangulaires ou polygonales qui s’assemblent sans chercher à restituer une anatomie parfaitement descriptive.
La chevelure subit une transformation plus importante encore. Elle se mêle aux formes claires et grisées de l’arrière-plan jusqu’à rendre incertaine la frontière entre le personnage et ce qui l’entoure. Certaines parties semblent appartenir simultanément au portrait et à la structure abstraite de la composition.
Le vêtement devient une accumulation de noirs, de bruns, de verts sombres et de fragments jaunes. Les plis du tissu ne sont plus décrits. Ils sont remplacés par des directions, des angles et des oppositions de valeurs qui donnent au buste sa masse sans avoir besoin d’en dessiner précisément les contours.
Les grandes surfaces jaunes jouent un rôle essentiel dans cette organisation. Elles traversent l’image selon de fortes diagonales et constituent presque un deuxième espace. Leur luminosité s’oppose aux verticales sombres et aux formes plus compactes qui encadrent le portrait.
La composition se construit ainsi sur une contradiction. Le personnage demeure relativement stable au centre de l’image tandis que tout ce qui l’entoure paraît en mouvement. Les formes s’avancent, se croisent, se superposent ou s’interrompent, comme si le portrait résistait à une fragmentation générale.
L’éloge de l’approximation trouve ici son terrain privilégié. Un portrait ne nécessite pas nécessairement la totalité des informations du visage pour être perçu comme tel. Quelques positions relatives, quelques valeurs, une orientation du regard et certaines proportions suffisent à déclencher la reconstruction.
Le regardeur relie alors mentalement des éléments qui ne se touchent plus. Une surface claire prolonge une joue, un fragment brun suggère une ombre, une ligne sombre rétablit momentanément un contour. La continuité n’existe plus réellement dans l’image : elle apparaît dans la perception.
Cette situation distingue le remake d’une simple stylisation. Le modèle n’est pas seulement traduit dans une autre esthétique. Il est volontairement soumis à une perte d’informations afin de mesurer ce qui demeure indispensable à sa reconnaissance.
L’appropriation fonctionne alors comme une sorte de mémoire différée. Le portrait de Roslin sert de point de départ, mais sa précision, sa matière et son espace disparaissent progressivement. Ce qui subsiste appartient moins à la copie du tableau qu’au souvenir que l’image peut encore provoquer.
Le remake se situe précisément dans cet écart. Il ne cherche ni la fidélité ni l’effacement complet du modèle. Il conserve juste assez de signes pour que l’œuvre antérieure puisse réapparaître derrière une construction devenue autonome.