Réinterprétation du portrait Gyalwa Karmapa de Claude-Max Lochu, visage d’Ogyen Trinley Dorje fragmenté en aplats géométriques blancs, noirs, orangés, bruns et beiges, œuvre de Pierre Tomy Le Boucher.
Le visage du Gyalwa Karmapa demeure perceptible au centre d’une composition où le vêtement, la coiffe et l’espace environnant se dispersent en fragments anguleux.
Appropriation et remake

Appropriation et remake n° 07

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Le visage du Gyalwa Karmapa demeure perceptible au centre d’une composition où le vêtement, la coiffe et l’espace environnant se dispersent en fragments anguleux.

Description : Appropriation et remake n° 07 prend pour point d’appui Gyalwa Karmapa, portrait d’Ogyen Trinley Dorje peint par Claude-Max Lochu en 2008. Le modèle original présente un visage fortement individualisé dont la présence constitue le centre naturel de la composition.

Le remake conserve cette centralité mais transforme profondément tout ce qui l’entoure. Le visage demeure relativement lisible alors que la coiffe, le vêtement et le fond perdent progressivement leur continuité. Les surfaces se séparent, s’interrompent et deviennent des formes autonomes.

Le regard constitue le principal point d’ancrage. Les yeux conservent suffisamment de précision pour maintenir la présence du personnage. Le nez, la bouche et certaines parties du visage sont déjà beaucoup plus fragmentés, mais leur position respective permet encore de reconstruire une anatomie cohérente.

La transformation est plus radicale autour de la tête. Les zones claires de la coiffe se confondent avec le fond blanc tandis que de grandes surfaces noires apparaissent dans la partie supérieure. La frontière entre le personnage et l’espace cesse alors d’être évidente.

Cette disparition partielle des contours constitue un élément essentiel de L’éloge de l’approximation. Le regardeur ne dispose plus d’une limite continue pour séparer le corps de son environnement. Il doit décider mentalement où commence le personnage et où il s’interrompt.

Les rouges, les orangés et les bruns structurent principalement le visage, le cou et certaines parties du vêtement. Ces couleurs ne cherchent pas à reproduire fidèlement la matière du modèle. Elles organisent les volumes en opposant des zones chaudes aux noirs profonds et aux vastes surfaces blanches.

Le vêtement devient une architecture de pointes et de plans. Certaines formes descendent depuis le visage et suggèrent encore le drapé ; d’autres s’en détachent complètement et se prolongent dans l’espace sans conserver de fonction descriptive.

Plusieurs grands fragments noirs, rouges, bleus gris ou beiges apparaissent également autour du personnage. Leur présence détourne progressivement le portrait de toute représentation spatiale traditionnelle. Le fond n’est plus un lieu : il devient une réserve de formes.

Le remake construit ainsi une opposition entre permanence et dispersion. Le visage tente de maintenir l’identité du modèle tandis que tout ce qui l’entoure paraît soumis à une force centrifuge. Les formes s’éloignent sans pourtant rompre totalement avec la figure centrale.

Cette tension donne une place particulière à la mémoire. Tant que les yeux, la position générale du visage et quelques rapports essentiels demeurent, une quantité considérable d’informations peut disparaître sans empêcher la perception d’un portrait.

Le regardeur complète alors les lacunes. Une surface orange devient une joue, un fragment blanc prolonge le front, une masse noire suggère une coiffe ou une ombre. La continuité du sujet n’est plus véritablement dessinée : elle est produite par la perception.

L’appropriation ne consiste donc pas à refaire le portrait de Claude-Max Lochu avec une autre technique. Elle utilise le modèle comme une structure suffisamment résistante pour supporter une perte importante d’informations. Le remake cherche le moment où la forme peut se disperser sans que la présence humaine disparaisse.

Cette œuvre trouve ainsi sa place dans L’éloge de l’approximation : reconnaître ne signifie plus recevoir une image complète mais construire une cohérence à partir de fragments. Ce qui manque devient aussi important que ce qui demeure.