Réinterprétation du Portrait de Gala avec symptômes rhinocérontiques de Salvador Dalí, visage féminin fragmenté en aplats géométriques bleus, jaunes, noirs, blancs et rouges, œuvre de Pierre Tomy Le Boucher.
Le visage de Gala demeure perceptible au centre d’une composition éclatée où de longues formes bleues, jaunes, noires et rouges traversent et prolongent le portrait.
Appropriation et remake

Appropriation et remake n° 08

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Légende : Le visage de Gala demeure perceptible au centre d’une composition éclatée où de longues formes bleues, jaunes, noires et rouges traversent et prolongent le portrait.

Description : Appropriation et remake n° 08 prend pour point d’appui le Portrait de Gala avec symptômes rhinocérontiques de Salvador Dalí, réalisé vers 1954. Le modèle appartient à une période où le portrait, la fragmentation de la matière et l’imaginaire scientifique se rencontrent déjà dans l’œuvre de Dalí.

Le remake intervient donc sur une image qui possède elle-même une forte logique de transformation. Gala n’est pas seulement représentée comme un visage : son apparition est déjà liée à une réflexion sur la matière, la discontinuité et les formes capables de modifier la perception du corps.

Pierre Tomy Le Boucher pousse cette décomposition dans une autre direction. La courbe disparaît presque totalement au profit de longues pointes, de triangles et de surfaces polygonales. Certaines de ces formes appartiennent encore clairement au visage tandis que d’autres se détachent de toute fonction anatomique.

Le regard constitue le principal point de résistance. Les yeux et les sourcils demeurent relativement précis au milieu de la fragmentation. Leur position suffit à stabiliser le visage alors que le front, les joues et les cheveux sont traversés par des ruptures beaucoup plus importantes.

Le nez et la bouche sont également fortement simplifiés. Quelques zones chair, brunes, jaunes et rouges permettent néanmoins de retrouver immédiatement leur position. Le visage n’est plus décrit dans sa continuité ; il est reconstruit par voisinage.

Les grandes formes bleu foncé jouent un rôle particulièrement important. Elles envahissent la partie supérieure de l’image et forment une sorte de structure qui pourrait évoquer simultanément une chevelure, une ombre, une architecture ou une forme totalement autonome.

À cette masse sombre répond un jaune particulièrement lumineux. Il traverse le visage et l’arrière-plan, créant une tension très forte avec les bleus. La couleur ne sert plus à décrire un éclairage ou une matière : elle agit directement comme construction.

Plusieurs pointes rouges apparaissent également dans la partie inférieure. Leur intensité attire immédiatement le regard et introduit une nouvelle direction. Comme souvent dans cette série, la couleur devient moins descriptive que sémiologique.

L’éloge de l’approximation apparaît ici dans le maintien paradoxal de la reconnaissance. Une grande partie du portrait a disparu, pourtant le visage demeure. Il suffit que certains rapports fondamentaux soient respectés pour que la mémoire reconstitue ce que les formes ne montrent plus.

Le regardeur poursuit alors des lignes interrompues, relie des zones qui ne se touchent plus et rétablit mentalement un contour qui n’existe pas réellement. L’image complète n’est plus présente dans la toile : elle naît de la rencontre entre les fragments et la mémoire.

Cette situation produit une proximité inattendue avec certaines recherches de Dalí. Dans plusieurs œuvres des années 1950, la matière semble pouvoir se fragmenter tout en conservant une forme reconnaissable. Le remake déplace cette idée en remplaçant les corpuscules et les motifs daliniens par une géométrie faite exclusivement de droites et de surfaces anguleuses.

L’appropriation ne cherche donc pas à refaire Dalí. Elle prélève une image déjà instable et la soumet à une seconde instabilité. Une première œuvre transforme Gala ; une seconde transforme cette transformation.

Le remake trouve ainsi son autonomie dans cet écart. Le visage demeure suffisamment présent pour activer le souvenir du modèle, mais les formes, les couleurs et les rapports spatiaux appartiennent désormais à une autre écriture.