Dilution optique – Cinéma

Karin Viard

1 750 € TTC

+ 50 € de frais de port supplémentaires

Informations sur l’œuvre

Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.

Le portrait de Karin Viard s’inscrit dans la série Dilution optique – Cinéma, fondée sur une expérience de perception progressive. L’image n’est pas pensée comme une représentation immédiatement stable, mais comme une apparition dépendante de la distance du regard. Le visage est construit à partir d’une trame régulière de points cyan, magenta, jaunes et noirs, dont la taille, l’espacement et les superpositions produisent l’ensemble des valeurs lumineuses et des contrastes.

Dans cette œuvre, la chevelure forme une masse sombre continue qui encadre le visage et lui donne sa structure d’ensemble. À l’intérieur de cette organisation, les zones les plus claires du front, des joues, du nez et du sourire sont ménagées par un allègement de la trame. Les traits du visage ne résultent donc jamais d’un contour dessiné au sens classique, mais d’un équilibre entre densités, réserves et recouvrements colorés. L’image repose ainsi sur une logique de construction indirecte.

Lorsque l’on s’approche, la lisibilité du portrait se modifie. Le visage, d’abord perçu comme une unité, se fragmente peu à peu. L’œil distingue alors les points eux-mêmes, leur rythme, leur dispersion relative et les effets produits par leurs rencontres. Ce qui semblait être une surface homogène devient un champ actif de micro-événements visuels. La seconde vue met précisément en évidence cette bascule, en localisant une zone du visage choisie comme point d’observation.

Dans le détail agrandi, toute référence immédiate au portrait s’atténue. La zone analysée se transforme en une constellation de points colorés et de formes noires résultant des surimpressions. L’image entre alors dans un registre presque abstrait : les éléments y existent pour eux-mêmes, selon leur poids visuel, leur juxtaposition et leur densité. Pourtant, cette abstraction n’est jamais autonome ; elle demeure le matériau même à partir duquel le portrait pourra réapparaître.

Dès que la distance revient, le processus s’inverse. Les détails cessent d’être lus séparément, les points fusionnent dans la perception, les contrastes se réorganisent et le visage de Karin Viard se recompose avec une netteté nouvelle. Le regard retrouve sa place, le sourire s’affirme et la présence du modèle s’impose de nouveau. L’œuvre rejoint ici directement L’Éloge de l’approximation : la reconnaissance ne naît pas de l’examen exhaustif de tous les détails, mais de leur effacement relatif dans une perception d’ensemble.