Claude Hagège
Linguiste — L’intelligence de la diversité
Chez Claude Hagège, l’intelligence pourrait être celle de la diversité. Étudier les langues, c’est observer une extraordinaire variété de sons, de structures, de règles et de manières d’organiser la pensée, tout en recherchant ce qui peut les rapprocher.
Comprendre la diversité ne consiste pas à effacer les différences pour retrouver une règle unique. Il s’agit au contraire de comparer, de distinguer et de mettre en relation des systèmes parfois très éloignés. L’intelligence devient alors capacité à percevoir simultanément ce qui sépare et ce qui rassemble.
Comprendre une langue, c’est peut-être découvrir une autre manière d’organiser le monde.
Prix : 1 750 € TTC
Participation aux frais de port : 50 €
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Claude Hagège — L’intelligence de la diversité. Le visage se construit à partir d’une multitude de fragments dont les différences de formes et de couleurs participent pourtant à une même identité.
Description : Ce portrait de Claude Hagège appartient à la série Peoples – Les intelligents. Linguiste et ancien titulaire de la chaire de Théorie linguistique au Collège de France, il a consacré une large part de son travail à la diversité des langues et à la recherche de leurs propriétés communes.
La forme d’intelligence retenue ici est celle de la diversité. L’étude linguistique suppose en effet de pouvoir observer des systèmes profondément différents sans les réduire artificiellement à un modèle unique.
Une langue possède ses sons, ses règles, sa syntaxe, son histoire et les usages de ceux qui la parlent. Comparer plusieurs langues oblige donc à identifier simultanément les différences et les ressemblances, les particularités et les structures communes.
Cette intelligence de la diversité ne consiste pas à accumuler des langues comme on accumulerait des connaissances. Elle suppose de comprendre les relations qui existent entre langage, pensée, société et culture.
Le traitement plastique du portrait offre une correspondance avec cette démarche. Le visage est constitué d’une multitude de formes différentes : triangles, pointes, surfaces claires ou sombres, fragments roses, violets, noirs et blancs.
Aucun de ces éléments ne possède seul la signification du visage. Certains paraissent même presque autonomes. Pourtant, leur organisation produit progressivement une structure cohérente.
Les yeux, le nez et la bouche fournissent quelques points d’ancrage, tandis que les contours du crâne et des vêtements se dispersent dans des formes beaucoup plus libres.
Une fine ligne rouge traverse verticalement plusieurs parties de la composition. Elle introduit une continuité au milieu d’un ensemble dominé par les ruptures et les changements de direction.
Le regardeur rassemble alors des informations très diverses pour reconstruire une seule identité. Ce qui semble fragmenté au niveau local devient cohérent lorsqu’il est observé dans son ensemble.
Cette opération rejoint L’Éloge de l’approximation. La perception accepte les différences, les manques et les ruptures parce qu’elle recherche avant tout les relations susceptibles de produire une forme reconnaissable.
Le portrait et le travail du linguiste se rencontrent ainsi autour d’une même idée : la diversité n’empêche pas l’existence d’une structure. Elle peut au contraire être ce qui permet de mieux la comprendre.