Nathalie Heinich
Sociologue — L’intelligence des valeurs
Chez Nathalie Heinich, l’intelligence pourrait être celle des valeurs. Non pas pour déterminer ce qui serait bon, beau ou important, mais pour comprendre comment nous décidons qu’une œuvre, un objet, une personne ou une situation possède de la valeur.
Nos jugements ne naissent jamais tout à fait de rien. Ils mobilisent des critères, des références, des habitudes culturelles et parfois plusieurs systèmes de valeurs qui peuvent entrer en contradiction. L’intelligence devient alors capacité à observer les mécanismes du jugement plutôt qu’à considérer celui-ci comme une évidence.
Comprendre pourquoi nous attribuons de la valeur à quelque chose permet peut-être aussi de mieux comprendre notre propre manière de regarder.
Prix : 1 750 € TTC
Participation aux frais de port : 50 €
Informations sur l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre
Caractéristiques de l’œuvre : Œuvre numérique au format 100 × 100 cm, imprimée sur toile en un exemplaire unique (1/1). Lors de l’acquisition, un document nominatif est remis à l’acheteur, précisant l’identité et les caractéristiques de l’œuvre, son caractère unique ainsi que les conditions de la vente. En cas de revente ouvrant droit au droit de suite, celui-ci est versé à l’artiste ou à ses ayants droit conformément à la législation en vigueur.
Légende : Nathalie Heinich — L’intelligence des valeurs. Le visage demeure immédiatement identifiable malgré d’importantes zones blanches et une construction composée de fragments géométriques fortement contrastés.
Description : Ce portrait de Nathalie Heinich appartient à la série Peoples – Les intelligents. Sociologue, elle a notamment consacré ses recherches à l’art, au statut de l’artiste, à l’identité, à la visibilité et aux systèmes de valeurs qui participent à nos jugements.
La forme d’intelligence retenue ici est celle des valeurs. Il ne s’agit pas d’établir une hiérarchie entre elles, mais de chercher à comprendre comment elles interviennent lorsque nous jugeons une œuvre, une personne ou une situation.
Devant une œuvre d’art, plusieurs critères peuvent coexister. L’originalité, la beauté, la virtuosité, la singularité, l’innovation, l’authenticité ou encore la réputation ne renvoient pas nécessairement au même système d’évaluation.
Comprendre un jugement suppose alors de dépasser le simple « j’aime » ou « je n’aime pas ». Il faut observer les critères auxquels nous faisons appel, parfois sans même en avoir conscience, pour justifier ce que nous considérons comme important.
Cette interrogation possède une résonance particulière dans le domaine artistique. La valeur d’une œuvre ne repose jamais uniquement sur ce qui est matériellement visible. Elle peut dépendre de son contexte, de son histoire, de sa singularité, de son auteur ou du regard porté sur elle.
Le portrait lui-même permet de déplacer cette question. Certaines parties du visage sont extrêmement précises, tandis que d’autres disparaissent presque totalement dans de vastes surfaces blanches ou colorées.
Les yeux constituent des informations particulièrement fortes. Quelques formes autour du regard suffisent pour attirer immédiatement l’attention et jouent un rôle beaucoup plus important dans la reconnaissance que certaines surfaces pourtant beaucoup plus grandes.
Le spectateur attribue ainsi spontanément davantage de valeur perceptive à certains signes qu’à d’autres. Un œil, une bouche ou une orientation du visage peuvent compter davantage pour la reconnaissance qu’une grande surface parfaitement décrite.
Une ligne rouge traverse verticalement la composition. Elle ne décrit aucun élément anatomique, mais sa couleur et sa continuité lui donnent une présence visuelle particulièrement forte.
Cette hiérarchisation spontanée rejoint L’Éloge de l’approximation. Notre perception ne traite pas toutes les informations de manière équivalente. Elle sélectionne certains signes, leur attribue davantage d’importance et utilise ceux-ci pour reconstruire l’ensemble.
Le portrait et la démarche sociologique se rejoignent alors autour d’une même question : pourquoi certaines informations comptent-elles davantage que d’autres, et selon quels critères leur attribuons-nous cette importance ?