Art : appropriationnisme et remake

L’Appropriationnisme ou le « Remake » est un concept simple. En effet, il suffit de reprendre le travail d’un artiste et signer la nouvelle production de son nom. Il ne s’agit, en aucun cas, de copier l’œuvre comme pourrait le faire un faussaire. Il ne s’agit pas non plus de plagier l’œuvre.

En ce qui me concerne, j’utilise l’œuvre célèbre d’un artiste reconnu. En réutilisant une œuvre originale préexistante et célèbre, condition sine qua non,  je propose de rendre un hommage. Il ne s’agit en aucun cas d’un manque d’inspiration surtout lorsque l’on sait maintenant que : « l’art naît de l’art et non de la nature » : Ernst Gombrich.

Dans cette série, j’ai voulu revisiter des œuvres célèbres en utilisant ma technique graphique de l’éloge de l’approximation mettant en évidence la problématique de la défaillance et de la mémoire vaporeuse.

Se réapproprier une œuvre est le moyen de prendre position à partir d’un matériau préexistant, cela revient à ouvrir les capacités d’une œuvre existante.

Pour certains l’appropriation jette un trouble dans le marché des œuvres uniques et pourrait ainsi léser le créateur originel au profit des intermédiaires. Il est facile d’inventer un monde qui fonctionne sur les droits d’auteur aidé par des avocats. N’oublions pas qu’eux-mêmes profitent  de la situation d’appropriation.

Qui dois-je rémunérer lorsque je demande à Google de traduire un texte ?

En ce qui me concerne, mon travail porte sur des morceaux de mémoire que l’on essaye d’assembler pour comprendre un tout. Par essence, je suis obligé d’utiliser des informations connues de la plupart des gens. En effet, la connaissance d’une représentation devient un prérequis à la compréhension de mes propositions. Sans ce prérequis le concept s’effondre.

Dans cette série, chacune de mes propositions est affublée d’un point rouge positionné en bas à gauche de l’œuvre. Comme chacun sait, la petite pastille rouge placée sous le tableau, lorsque celui-ci est exposé dans une galerie, indique que celui-ci est vendu. Ce point rouge est un indicateur graphique exprimant l’implication du marché de l’art et de la création artistique : un savant calcul inspiré du prix de l’œuvre, de la taille, des matériaux et de la spéculation.

Certains galeristes peu scrupuleux, laissent accroire qu’une vente a eu lieu pour ainsi simuler une cote factice en suscitant l’intérêt pour les œuvres d’un artiste. Ce procédé litigieux augmente la visibilité en signalant de la confiance à l’investissement.

Pour ma part, j’ai préféré intégrer ce point rouge à l’œuvre pour indiquer que le tableau sera vendu ou qu’il fut vendu en jouant sur le concept de la dérision du marché de l’art.

Le sujet vous intéresse, prenez connaissance du travail des artistes notables ayant conceptualisé l’appropriation et le remake en art : Mike Bidlo – Günther Förg  – Jeff Koons  – Louise Lawler – Sherrie Levine – Barbara Kruger- Yasumasa Morimura – Richard Pettibone – Richard Prince – Jean Schwind  – Cindy Sherman – Cornelia Sollfrank – Elaine Sturtevant  – Philip Taaffe – Rosemarie Trockel  – Peter Weibel – Gregor Schneider.

Affichage des produits 1–9 sur 12

Affichage des produits 1–9 sur 12