Les animaux
Dans la mythologie grecque, Prométhée, Épiméthée, Pandore, Deucalion et Pyrrha forment une chaîne causale incertaine, une succession de gestes mal ajustés, d’anticipations ratées et de réparations tardives, par lesquelles les hommes et les femmes furent projetés dans le monde. Une création par défaut, presque par distraction, où l’erreur précède la conscience.
Depuis lors, les libations, les sacrifices et les offrandes rythment l’existence humaine. Elles organisent le temps, structurent l’angoisse, tentent d’acheter la bienveillance d’un ordre qui se dérobe. Du matin jusqu’à la nuit, les humains vivent chargés de souffrance, de douleur et de responsabilité, lestés de sentiments obliques — jamais frontaux — et nourris de quelques joies maigres, distribuées avec parcimonie, comme des indulgences.
Ainsi s’organisent les sociétés humaines depuis des millénaires. Et malgré l’accumulation de rites, de lois, de récits et de promesses, elles échouent obstinément à produire une société de paix et de joie durables. L’humanité persévère dans une mise en scène tragique de sa propre condition, répétant les mêmes gestes, espérant des résultats différents.
En conséquence — ou par ironie cosmique — les animaux semblent avoir hérité de la part la plus enviable du monde, à l’égal des Olympiens. Ils existent sans projet, sans dette métaphysique, sans culpabilité. Ils peuvent passer des journées entières à ne rien faire, sans jamais éprouver ce sentiment spécifiquement humain qu’est l’ennui. Le temps ne les traverse pas : il glisse sur eux.
Mon chien, par exemple, partage son existence entre le canapé et la cuisine. Une vie circulaire, parfaitement accomplie. Dans un angle de la pièce repose une gamelle à deux compartiments : dans l’un, l’ambroisie ; dans l’autre, le nectar. Tout est là. Il n’y a ni sacrifice à consentir, ni offrande à formuler. Le monde pour lui est immédiatement habitable.
Dès lors, une question s’impose, dérangeante et sans réponse stable :
les hommes font-ils payer aux animaux la place qu’ils occupent dans cet univers ?
Ou bien est-ce l’inverse — les animaux supportent-ils silencieusement la charge absurde d’un monde que les humains n’ont jamais su rendre vivable pour eux-mêmes ?
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