Miroir, mon beau miroir
Miroir, surface instable
Les objets présentés ici sont des miroirs.
Des miroirs carrés, autonomes, proposés comme des œuvres à part entière. Leur surface réfléchissante est organisée selon un motif issu de mes recherches plastiques autour de l’éloge de l’approximation. Ce motif, déjà éprouvé dans des tableaux peints, est ici transposé sur un support spéculaire.
Le miroir n’est pas un simple matériau : il est un opérateur. Il ne montre rien par lui-même, mais il convoque immédiatement un regard, un corps, un déplacement. Le regardeur ne peut se tenir à distance ; il est impliqué, absorbé, mêlé à ce qu’il observe. Son image vient se superposer au portrait suggéré par le teint. Ainsi, la figure représentée et la figure regardante coexistent dans un même espace optique.
Chaque déplacement du corps modifie instantanément l’image perçue. À la vitesse de la lumière, le reflet se recompose, se disloque, se réorganise. Le regardeur cherche instinctivement une position stable, une distance juste, un point d’équilibre où le portrait ferait sens. Cette position n’existe pas. L’œuvre est fondamentalement instable. Elle refuse la fixation.
Ces miroirs produisent une expérience où l’identité devient fluctuante. Le visage représenté n’est jamais seul ; il est toujours contaminé par un autre visage, celui du regardeur. L’œuvre n’est pas achevée sans cette intrusion. Elle est relationnelle, mouvante, temporelle. Elle n’existe que dans l’instant de la perception.
Peindre des trous
Dans un second temps — presque comme un jeu intellectuel — se pose une question absurde et pourtant fondatrice :
peut-on peindre des trous ?
Je représente des trous.
Des zones blanches, laissées sans teint, délimitées par des polygones de couleur. Le tissu de la toile apparaît. Il ne s’agit pas d’un oubli, mais d’un choix. Le trou devient forme. L’absence devient structure.
Ces trous, organisés avec précision, composent le plus souvent un visage reconnaissable. La reconnaissance ne repose pas sur la description, mais sur la mémoire. Le regardeur assemble des indices, convoque des fragments mnésiques, jusqu’à ce que la figure surgisse. Le portrait n’est pas donné : il est reconstruit.
Il existe, conceptuellement, deux types de trous.
Les trous avec fond et les trous traversants.
Dans la matière, le trou traversant est un passage. Percer un mur, c’est faire apparaître l’extérieur. L’extérieur devient alors le fond du trou. Le trou n’est jamais vide : il montre autre chose.
Dans mes peintures, les trous semblent percer la couche picturale. Or cette couche ne possède qu’une épaisseur infinitésimale. Ce sont donc des trous sans profondeur réelle, mais chargés de sens. Ils ne traversent pas la matière ; ils traversent la perception.
En poussant cette logique à l’extrême, on rencontre une autre catégorie de trous :
les trous noirs.
Les trous noirs sont des régions de l’espace où la gravité est si intense que rien ne peut s’en échapper, pas même la lumière. Toute information y disparaît. La matière s’y replie jusqu’à la singularité. L’horizon des événements marque une frontière définitive : ce qui la franchit n’est plus observable.
Le trou noir est peut-être la forme ultime du trou : un lieu sans image possible, un effondrement du visible, une négation radicale de la représentation.
C’est troublant.
À travers cette série, mon intention est de questionner la présence du temps dans l’image. Que devient une œuvre lorsque sa perception dépend du déplacement du regardeur ? Lorsque le visible se modifie instantanément ? Lorsque l’absence devient un moteur de reconnaissance ?
Peindre des trous, utiliser des miroirs, c’est accepter que l’œuvre ne soit jamais stable, jamais close. Elle se produit dans l’instant, dans le déplacement, dans la mémoire. Elle n’est pas un objet figé, mais un phénomène.
Et peut-être est-ce là que réside son véritable sujet.
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