Zeus

180,002 640,00 TTC

Peinture numérique sur toile de « Zeus » à la manière de l’éloge de l’approximation de l’exposition « Mythologie Reloaded ». Ce style graphique et stylistique sont emprunt au concept élaboré dans l’Éloge de l’approximation » : une peinture à reconstruire à l’aide de la structure à laquelle sont subordonnées les perceptions qui met en évidence les troubles de la perception liés à la manière dont le souvenir a été enregistré dans le cerveau de chaque individu. En savoir plus sur l’éloge de l’approximation.

Effacer

Description

Zeus

C’était le 1er janvier de l’an 2000. Le monde était en effervescence, en effet, souvenez-vous le fameux bug de l’an 2000. C’est ce jour-là que les dieux sont arrivés sur terre. Zeus avait pris soin d’organiser leur arrivée. Ainsi, tous les paramètres liés à la vie de chacun avaient été réglés : habits, logements, compte en banque, carte de crédit, curriculum vitae, carte d’identité, passeport. En conséquence, aucun détail n’avait été laissé de côté. Zeus a choisi Paris. Il s’est installé dans un petit hôtel qui se trouve à la croisée de la rue de Vaugirard et de la rue Firmin Gillot dans le 15e arrondissement. En fait, la rue Firmin Gillot n’est pas très large, elle est recouverte de pavés. Le fait qu’elle soit en sens unique en fait une rue plutôt calme.

Porte de Versailles

Non loin de là, c’est la porte de Versailles. La circulation est en file ininterrompue. Tous à coup, une jeune femme traverse la rue de Vaugirard à quelques dizaines de mètres du passage clouté. Zeus perçoit l’agitation des automobilistes et l’agacement de la jeune femme. Elle traverse, crissement de pneus. Les dieux ne doivent pas intervenir sur la vie d’autrui tant qu’une relation n’a pas été établie : Alors choc, attroupements. Zeus approche et découvre le corps de la jeune femme. Le sang coule de sa bouche. Soubresauts et convulsions animent le corps de la jeune femme de façon désordonnée. Malgré tout, Zeus force le passage et s’approche. Il positionne sa veste sous sa tête.

C’est à ce moment-là que le regard de la jeune femme croise celui de Zeus. Ils s’observent quelques instants, puis la tête de la jeune femme bascule sur le côté, elle perd connaissance. C’est le coup de foudre. Incroyable, non ? Zeus, un coup de foudre ! Sirènes, pompiers, ambulances. Après cela, la foule se disperse, la vie reprend ses droits et de nouveau les klaxons et les vrombissements de moteur.

Zeus est sur le trottoir, hébété. Il ne comprend pas la situation et, surtout, il ne pensait pas être confronté à cette réalité le jour de son arrivée sur terre. Zeus retrouve la jeune femme. Elle est très affaiblie, mais les pronostics sont plutôt favorables. Zeus explique à la jeune femme qu’en tant que témoin de l’accident, il a voulu avoir de ses nouvelles. Très vite, ils font connaissance. Elle s’appelle Françoise. De ce fait, plus tard et après quelques péripéties, elle deviendra sa concubine.

Angèle Carutti

Angèle Carutti : « Nous voyons à l’écran le « portrait de Zeus : comptable en costume avec cravate ». Pierre Tomy Le Boucher, avez-vous envie de dire quelque chose à propos de cette toile ? »

Pierre Tomy Le Boucher : « Certains plasticiens préfèrent livrer, sans aucun commentaire, leur travail à l’entendement, à la perspicacité d’autrui. Ce sont des générateurs de bien-être, des faiseurs d’émotions, on pourrait dire qu’ils créent des bouleversements esthétiques avec une ultime concentration émotionnelle. Pour ma part, je préfère expliquer, commenter le fruit de mon travail et espérer qu’il sera apprécié à sa juste valeur. En effet, pendant plus de 25 ans, j’ai travaillé dans la communication et l’enseignement. D’autre part, je suis un besogneux qui a besoin de comprendre et j’ai souvent besoin de m’expliquer à moi-même. Alors, j’essaye de réfléchir à chaque détail en m’assurant que le « Regardant » n’a pas une idée fausse de l’une de mes propositions. »

Angèle Carutti : « Vous utilisez le mot de « Regardant », pouvez-vous définir ce mot ? »

Le regardant ou le regardeur

Pierre Tomy Le Boucher : « Oui, il s’agit d’un terme que j’ai beaucoup utilisé dans le cadre de la formation en arts plastiques. Il s’agit pour moi d’obtenir une signification entre le mot « spectateur » et le mot « observateur ». Selon moi, le spectateur contemple un événement sans y prendre part, sans s’impliquer. Quant à l’observateur, il est pour moi trop obsessionnel, c’est pourquoi, j’aime bien l’idée du « regardant » qui, toujours selon moi, est une personne placée devant un objet plastique et qui s’amuse à parcourir le jeu des formes, des couleurs et qui se met à rêver dans les méandres de cette spatialité bidimensionnelle ou tridimensionnelle qui se présentent à lui. » Marcel  Duchamp emploi le terme de « Regardeur ».

Angèle Carutti : « Puisque vous avez choisi le champ cognitif, pouvez-vous nous présenter le portrait de Zeus : comptable en costume avec cravate ? »

Pierre Tomy Le Boucher : « Dans la première vidéo, je vous ai raconté l’événement mis en place par Zeus et impliquant les autres Dieux. En deux mots, Zeus a décidé que les dieux se mélangeraient aux hommes pendant 10 périodes de 10 ans en assouvissant et en expérimentant des activités humaines. Comme nous l’avons dit, Zeus a choisi d’être comptable. »

Zeus : comptable en costume avec cravate

« Dans cette toile, « Zeus » alias « Fernand Suze » est habillé en costume et cravate, il est assis à un bureau. Par devant lui se trouve un dossier. Il a la tête tournée vers la gauche et regarde le peintre. Il se tient faussement la tête en positionnant sa main pour ainsi la mettre en contact avec son menton en prenant soin de ne pas déformer son visage. Alors, la pose et l’attitude de Zeus font penser aux photos réalisées dans un bureau en vue d’un trombinoscope. Imaginez un peu la scène, quelques instants avant cet instantané, Alain, le collègue désigné «  chargé de com. » à titre provisoire doit réaliser le recueil de trombines de la société. Alors, il s’exclame « Allez Fernand, on sourit, essaye en mettant ta main comme cela. Bon j’en refais une autre ! Ah super, allez ! À tout à l’heure, à la machine à café ».

« Il faut noter que la présence de ces photographies dans le parcours initiatique de nos dieux va leur poser de grandes difficultés. De telle sorte qu’avant de changer de décade, Zeus devra être très vigilant, il lui faudra effacer les traces voire les empreintes qu’il aura laissées pendant cette décennie. »

Fernand Suze

Angèle Carutti : « Fernand Suze, pourquoi Fernand Suze ?»

Pierre Tomy Le Boucher : « Pour le plaisir de l’explication, je vais vous en révéler la provenance. Il y a quelques années, Zeus m’a dit : « il me faut un pseudo, j’ai choisi le mot Suze pour trois raisons. La première : Suze est l’anagramme de Zeus, tout comme Angèle Carutti est l’anagramme de votre nom, je crois. La deuxième : l’inventeur de la Suze s’appelle Fernand Moureaux et ainsi son prénom sera mien. La troisième raison : j’aime à alterner, Ambroisie et Suze. En fréquentant les humains, j’ai vite compris l’avidité qui les anime. C’est pourquoi j’envisage de passer un contrat avec la société Suze pour que celle-ci devienne la boisson des dieux ». Vous l’aurez compris, le trombinoscope, le pseudo, le contrat ainsi que toute la modernité de notre monde vont engendrer des situations inattendues. »

Mythologie Reloaded

Angèle Carutti : « Comment en savoir plus, existe-t-il des textes, des ouvrages de cette « Mythologie Reloaded ? »

Pierre Tomy Le Boucher : « Non, il n’existe aucun texte, il s’agit de tradition orale ! vous l’avez compris, j’en suis l’unique détenteur »

Angèle Carutti : « Le portrait de Zeus ainsi que le portrait de Françoise ont une forme graphique commune. Pouvez-vous nous en dire plus ? »

Éloge de l’approximation

Pierre Tomy Le Boucher : « Comme je vous le disais dans la vidéo précédente, je désire représenter ce concept d’approximation de la connaissance. C’est pourquoi les images que je propose ont une forme approximative, une inexactitude relative, une évaluation approchée. En effet, mes images sont pleines de trous à la façon de la Gestalt : c’est-à-dire la structure à laquelle sont subordonnées les perceptions. Je pense que le plus simple est de vous montrer des images ce qui nous permettra de faire fonctionner cette connaissance approximative. Je tape le mot « Gestalt » dans Google et je me place sur l’onglet image. Nous avons toute une série d’images. Je vais afficher une image emblématique afin d’illustrer mon propos. Ici, nous percevons huit cercles tronqués. Chaque cercle est composé d’un sommet et de trois axes. Très vite, nous apparaît alors la forme d’un cube en perspective cavalière.

Dans ces conditions, je propose, des trous qui n’empêchent pas la compréhension de l’image, par contre, elle génère un contexte qui permet de se séparer de la réalité visuelle. J’aime mettre en place des constantes, des éléments signifiants ou encore un process pour rendre identifiable cette situation picturale.

Fond perdu

Dans la plupart des cas, le fond est blanc et les formes de couleur sont rarement présentées à fond perdu. De surcroît, ces formes restent à l’intérieur de la toile. Il n’y a aucun dégradé de couleur. Il s’agit d’aplat. Dans cette série, je n’utilise jamais de courbes. Ces images sont structurées de figures géométriques planes dont chacune est formée de lignes brisées fermées, c’est-à-dire une suite cyclique de segments consécutifs : le polygone.

Par conséquent, la dislocation des éléments constitutifs de l’image ressemble à l’instantané d’une explosion. Comme l’explosion d’un miroir dont chaque brisure formerait de nouveaux reflets, une nouvelle perception de la connaissance. Cette connaissance dont les éléments épars ne permettraient plus de relier les idées entre elles.

Angèle Carutti : « en voyant ces polygones, ces facettes, on est un peu obligé de penser au cubisme. »

Le Cubisme

Pierre Tomy Le Boucher : « vous savez, le cubisme propose de montrer ce que l’on sait des choses et non pas ce que l’on voit. Il est facile de comprendre que l’on obtiendra un visage plus informatif si l’œil gauche est montré de face et le droit présenté de profil. Ainsi, on s’éloigne de la réalité visuelle pour aller vers une réalité cognitive. Vous l’aurez compris, mon propos est différent. Ceci dit, les facettes colorées et le champ cognitif permettent de faire ce rapprochement. Le cubisme ne doute pas de la connaissance. Mon propos est lié intrinsèquement à la qualité de la connaissance et du savoir.

Je vous propose de regarder « portrait d’un aigle ». Dans cette toile je propose une représentation par défaut. En effet, on reconnaît un aigle, il ne s’agit pas d’une girafe. Les informations sont suffisantes. S’agit-il d’un aigle couronné, d’un aigle de Wallace, d’un aigle des steppes ou encore d’un aigle lancéolé. En fait, le détail n’a pas d’importance puisqu’il est facile d’obtenir toutes sortes de résultats grâce à Internet et les moteur de recherche. Les smartphone, avec une connexion 4G, permettent d’effectuer ce type de recherche en tout lieu. Il s’agit pour moi de créer à la fois une peinture approximative, mais également hyper synthétique.

 

Portrait d'un aigle

Aigle de la collection « Animaux » dans le cadre de l’éloge de l’approximation.

 

Ainsi, nous pourrons faire la même observation avec cette toile qui se nomme : « portrait d’un éléphant d’Afrique ».

Les portraits

Angèle Carutti : « pourquoi employez-vous le terme de portrait pour chacune de vos toiles ? »

Pierre Tomy Le Boucher : « Effectivement, j’emploie le terme de portrait, mais dans le sens de portrait-robot comme dans une enquête de police où le témoin fait de son mieux pour retrouver les traits d’un personnage. Souvent, le résultat est approximatif, mais la ressemblance est certaine. »

Il y a une dimension qui m’a toujours intéressé et que l’on retrouve notamment dans la technique de l’aquarelle. Toujours sur Internet, inscrivons dans le moteur de recherche Google le terme « aquarelle ». Dans ce cas, amusez-vous à effectuer un zoom important sur le détail d’un personnage et ainsi obtenir un élément non figuratif. Alors, l’image montrée dans sa taille normale reprend ces droits.

Je vous propose de regarder ce portrait d’un homme politique. Je ne sais pas si vous le reconnaissez, mais je pense que la ressemblance va gagner avec la réduction.

jean-christophe-cambadelis

Jean-Christophe Cambadelis

 

Angèle Carutti : « oui en effet, maintenant je le reconnais il s’agit de Jean-Christophe Cambadelis. »

Pierre Tomy Le Boucher : « D’ailleurs à ce propos, vous retrouverez sur ce site Internet toute une galerie de personnages plus ou moins célèbres.

Angèle Carutti : « Je vous remercie pour toutes ces explications. Nous nous retrouverons dans la prochaine vidéo pour parler du frère de Zeus : Hadès. »

Quelques clefs pour comprendre

Retour à la boutique

Partager cette page sur vos réseaux favoris

Informations complémentaires

Poids ND
Dimensions ND