Peoples - Les politiques

Les politiques. On les aime. On les adore. On les exècre.
Ils sont l’objet d’une relation passionnelle, presque affective, toujours contradictoire. Nous leur confions nos espérances comme on délègue un fardeau trop lourd à porter seul. Puis vient la déception. Alors nous voulons les remplacer. Par d’autres. Mais par d’autres qui, étrangement, ressemblent aux précédents. La boucle est parfaite.

On les acclame, on les siffle.
On vote pour eux, on vote contre eux.
On voudrait qu’ils nous comprennent, qu’ils résolvent l’insoluble, qu’ils apaisent les tensions, qu’ils réparent l’irréparable. Nous voudrions qu’ils incarnent une synthèse impossible : être à la fois proches et visionnaires, fermes et compatissants, ordinaires et exceptionnels. Alors on vote. Et tout recommence.

À travers ces portraits, je ne cherche pas à juger, ni à caricaturer, mais à représenter ce que j’en ai compris. Non pas le programme, non pas le discours, mais la figure. Le politique comme surface de projection collective.

J’ai donc fixé l’homme et son action en choisissant le portrait. Ce choix pictural s’attache à l’apparence extérieure — un visage, un regard, une posture — tout en tentant de laisser affleurer ce qui ne se voit pas immédiatement : le caractère, les tensions internes, les convictions, les doutes, parfois les failles. Toute représentation est une interprétation. Celle-ci n’échappe pas à la règle. Elle est une proposition parmi d’autres, assumée comme telle.

La célébrité est périssable. Elle se dissout lentement dans le temps, comme une affiche oubliée sous la pluie. Les noms s’effacent, les visages se confondent, les slogans meurent. De ces trajectoires publiques, il restera peu de choses. Quant à moi, j’en retiens un nom, un visage. Une trace.

Un fragment de pouvoir figé dans la matière.

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