Escalier extérieur ESJLA

180,002 640,00 TTC

Peinture numérique de « l’escalier extérieur ESJLA (Église de Saint-Julien-l’ars) » de l’exposition Comma. Il s’agit d’images choisies, mélangées, torturées. Je ne garde que l’essence de leur homogénéité qui rentre dans le domaine du synonyme, comme si le champ du synonyme était utilisé dans le domaine des arts plastiques. Le style graphique et stylistique sont emprunt au concept élaboré dans l’Éloge de l’approximation » : une peinture à reconstruire à l’aide de la structure à laquelle sont subordonnées les perceptions qui met en évidence les troubles de la perception liés à la manière dont le souvenir a été enregistré dans le cerveau de chaque individu. Cliquez pour voir le vidéogramme et comprendre le concept de Comma

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Description

Escalier extérieur ESJLA

Cette histoire accompagne le tableau représentant l’escalier extérieur de ESJLA. Cette narration n’est pas un texte d’illustration. Inversement, cette image n’est pas l’illustration du texte. Il s’agit d’un texte destiné à créer un souvenir artificiel comme deux éléments anecdotiques qui se croisent. L’un aidant à se souvenir de l’autre. Le visuel et le texte sont tout à fait dissociables. En outre, certaines similitudes telles que le titre, le lieu permettent d’effectuer, sans doute, une liaison : le point de départ anecdotique est inventé dans le but de permettre la création d’un embryon et ainsi obtenir la substance de mémorisation. Les cellules auront l’occasion de se subdiviser ou s’effondrer pour du rien, du néant.

Vidéogramme de présentation de « aux marches » sur Youtube

Aux marches

 « L’écriture oblique est appliquée avec des pleins et des déliés parfaitement ajustés aux lignes Seyes. Il écrit le titre de la leçon du jour. »

Quelques coins d’ombres

En ce mois de juillet, il est nécessaire de chercher quelques coins d’ombre, c’est pourquoi Martial et Jérôme se sont donné rendez-vous une fois de plus « aux marches ». Cet escalier se trouve à côté de la porte principale de l’église. Celui-ci est bordé d’une part par l’église et d’autre part par un mur très haut, de surcroît, le mur est très épais. Il sépare le domaine religieux du vieux château.

Le mur est tellement élevé, c’est pourquoi il est impossible de voir la propriété des châtelains. La végétation épaisse plonge l’escalier dans une fraîcheur exquise. Les deux enfants assis côte à côte, imaginent par conséquent leur devenir avec des : « Moi, plus tard… ». Ainsi, ils ne mettent pas plus de cinq minutes pour prendre le statut de pompier voire d’astronaute.

Le catéchisme

Après quelques instants, Jérôme s’interroge sur le catéchisme. Il sait que Martial assiste au catéchisme tous les mercredis après-midi. Jérôme a l’impression qu’on lui vole quelque chose qu’il ignore, par conséquent, il a l’impression que la moitié de la classe participe à des réunions auxquelles il n’est pas invité. Entre jalousie et incompréhension, il demande à Martial : « le catéchisme, c’est bien ? ».

Martial : « Ben ouais, c’est sympa, des enfants de notre école se donnent rendez-vous dans une pièce de l’église. Cette pièce s’appelle la sacristie. »

Jérôme : « C’est quoi la sacristie ? »

La sacristie

Martial : « Tu vois, c’est un peu comme l’arrière-cuisine ou comme les vestiaires de l’église, si tu préfères. Il y a tout un bric-à-brac de vieilleries, le plus souvent en bois et néanmoins toujours bien alignée sur de vieilles étagères en dépit de la hauteur de celles-ci . Il y a aussi des gobelets et peut-être des médailles en or, je ne suis plus trop sûr. En somme, un amas des bondieuseries empilé.

Le seul vitrail de la pièce

Malgré la modestie des lieux, certains tissus sont cousus d’or et scintillent grâce aux rayons de soleil qui pénètrent à travers le seul vitrail de la pièce. Ainsi, les couleurs du vitrail nous maquillent de façon fluctuante. Une grande table se trouve au milieu de la pièce ainsi qu’un vieux fauteuil. En revanche les tabourets sont pour les enfants. »

Jérôme : « Et là, qu’est-ce que vous faites. Vous mangez ? »

Martial : « Non, non, au début on discute entre nous tout en sortant nos affaires, car il nous faut prendre des notes : cahier, crayons, comme en classe. »

Jérôme : « Ah bon ! »

L’aiguille des secondes est sur le douze.

Martial : « Quelques secondes avant 15 heures, tous les enfants fixent la pendule. En effet, la porte s’ouvre, ensuite, l’aiguille des secondes se positionne sur le chiffre douze. À chaque fois, monsieur le curé n’est ni en avance et ni en retard. En d’autres termes, il franchit le pas de la porte à la seconde près, sans doute, un mystère de plus. »

Jérôme : « Whaouh !!! »

Martial : « À chaque fois, c’est pareil, en un tour de table, tous nos regards se croisent et nous sommes impressionnés. »

Jérôme : « Tu crois qu’il y a un truc ? »

Martial : « On s’est tous posé la question. En effet, Monsieur le Curé est très gentil. Il paraît plus souvent plus absent que calculateur. »

Jérôme : « Et alors, après ? »

Un très vieux monsieur habillé de noir

Martial : « Monsieur le curé, le père Dumatier s’assied en bout-de-table. En effet, cette place lui est réservée, parce que c’est un très vieux monsieur fatigué et habillé de noir de la tête aux pieds. Il a des cheveux partout, sur la tête, mais également certains sortent des oreilles, du nez voire de son cou. Ses mains sont tremblantes et d’ailleurs, elles sont toutes ridées. À chaque fois qu’il prend un stylo à encre pour écrire, j’ai toujours l’impression qu’il va faire de gros gribouillis ou faire des taches partout. Au contraire, sa main se bloque brutalement. L’écriture est oblique et appliquée avec des pleins et des déliés parfaitement ajustés aux lignes Seyes. Il écrit le titre de la leçon du jour. »

l’Assomption

Jérôme : « Et c’était quoi la dernière leçon ? »

Martial : « C’était l’Assomption, je me souviens, car je n’arrivais pas à prononcer le mot correctement, j’ai écrit le mot dix fois. Le père Dumatier parce qu’il m’aime bien me l’a fait écrire dix fois. Il m’a expliqué que ce n’était pas une punition, néanmoins qu’il était nécessaire que je me souvienne du mot. »

Jérôme : « C’est quoi « la csonption »

La Vierge otarie

Martial sourit, parce que le souvenir de la punition était proche. Martial : « Bah ! En gros, du fait que la Vierge Marie est morte, mais, cependant elle n’est pas vraiment morte, parce qu’elle s’est élevée dans le ciel. Il y avait aussi une histoire d’âmes et d’autre part de gloire céleste, je me souviens plus très bien ».

Jérôme : « Elle vole comme Superman ? Whaouh !!!»

Martial : « Non, plutôt comme un ascenseur lumineux !»

Jérôme : « Et c’est qui la Vierge otarie »

Martial fièrement amusé sent bien l’ascendant qu’il a sur Jérôme. Martial : « Mais non, la vierge Marie, c’est la maman de Jésus, tu te souviens le cadavre accroché à une croix qui se trouve dans ma chambre à côté du poster de Maxime le Forestier. »

Jérôme : « Ah oui, en effet, c’est dégueulasse »

Cela pourrait faire une BD

Le temps passe, pourtant, 1000 questions s’entrecroisent dans l’esprit de Jérôme

Pendant plusieurs minutes, Jérôme assaille Martial de questions de toutes sortes : la vierge qui est vierge, alors qu’elle a un fils. Celui-ci a plein de copains qui sont tous devenus saints, sauf un qui aurait probablement parlé aux Romains tout en regardant dans l’œilleton. Jérôme : « C’est génial, ça pourrait faire une BD, sinon, tu crois que moi aussi je peux aller au catéchisme ? »

Martial : « Je ne sais pas, mais si je t’ai bien compris, il faut sûrement que tu demandes à tes parents »

Et les filles…

Après quelques instants, les deux enfants ont changé de sujet conformément à leurs habitudes pour s’intéresser aux filles de leur classe voire de l’école ou même encore du quartier. Jérôme et Martial pensent qu’il fait bon vivre d’être assis sur les marches des escaliers de l’église. Plus tard, le lieu de rendez-vous n’aura pas changé. Ils seront plus nombreux, accompagnés de leur cyclomoteur néanmoins pétaradant au grand damne du quartier. Dans le but, d’égaillé leur rassemblement, certains apporteront de la musique. Réunis par affinité, ils improviseront une « Boum ». Ce sera au début des années 70.

Pierre Tomy Le Boucher

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