Les gargouilles

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Peinture numérique de « Les gargouilles » de l’exposition Comma. Il s’agit d’images choisies, mélangées, torturées. Je ne garde que l’essence de leur homogénéité qui rentre dans le domaine du synonyme, comme si le champ du synonyme était utilisé dans le domaine des arts plastiques. Le style graphique et stylistique sont emprunt au concept élaboré dans l’Éloge de l’approximation » : une peinture à reconstruire à l’aide de la structure à laquelle sont subordonnées les perceptions qui met en évidence les troubles de la perception liés à la manière dont le souvenir a été enregistré dans le cerveau de chaque individu. Cliquez pour voir le vidéogramme et comprendre le concept de Comma

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Description

Les gargouilles

Cette histoire accompagne le tableau représentant des gargouilles. Cette narration n’est pas un texte d’illustration. Inversement, cette image n’est pas l’illustration du texte. Il s’agit d’un texte destiné à créer un souvenir artificiel comme deux éléments anecdotiques qui se croisent. L’un aidant à se souvenir de l’autre. Le visuel et le texte sont tout à fait dissociables. En outre, certaines similitudes telles que le titre, le lieu permettent d’effectuer, sans doute, une liaison : le point de départ anecdotique est inventé dans le but de permettre la création d’un embryon et ainsi obtenir la substance de mémorisation.

Vidéogramme de présentation de La gargouille sur Youtube

Peggy et Stuart

Madame Ponsardin est veuve depuis de nombreuses années, ainsi, tous les jours, à huit heures, elle se rend au cimetière ceinturant l’église en dépit de la météo. La promenade dure trois quarts d’heure. Il est nécessaire, mais encore impératif qu’elle soit rentrée pour « les feux de l’amour ».

Cette visite quotidienne à son cher et tendre époux, toutefois disparu depuis une dizaine d’années, permet à Madame Ponsardin de marcher pendant près de 35 minutes et cela correspond parfaitement aux prescriptions du médecin. Ainsi, chaque jour, elle raconte l’actualité d’une vieille personne esseulée. La plupart du temps, elle parle des Brooks. En effet, Peggy et Stuart enchantent ses matinées.

Quatre roux

Une famille de roux habillé de couleurs vives déambule dans le cimetière. Le monsieur est grand néanmoins un peu pataud. Il passe son temps à montrer du doigt les différentes parties de l’architecture de l’église. La tête haute et la bouche ouverte, l’homme à la peau mouchetée, baragouine toutes sortes de choses incompréhensibles, toutefois pour Madame Ponsardin. Quant aux deux enfants fauves, ils se chamaillent puis finissent par jouer à chat perché sur les pierres tombales servant de position stratégique et salutaire.

Tremblement de terre

Roux, désinvolte, mal élevé, inconvenant, Madame Ponsardin ne peut s’empêcher de faire part à son mari son ressenti du moment : En effet, elle est excédée. La colère de Madame Ponsardin du s’arrêter instantanément parce qu’un énorme bruit fut accompagné d’un tremblement de terre. Elle regarde en direction de la famille « poils de carotte » : les parents paraissent affolés. En conséquence, la veuve se précipite d’un pas alerte pour essayer d’interroger la situation.

La colère de dieu

Une énorme pierre est tombée de l’église. Les deux enfants ont échappé de justesse à la mort. C’est pourquoi Madame Ponsardin imagine tout de suite la colère de Dieu, même si elle trouve la peine un peu lourde. La pierre énorme est plantée, comme un obus, dans l’allée parsemée de fins cailloux de sorte que le cratère est impressionnant. Très vite, Madame Ponsardin comprend ensuite que l’une des gargouilles de l’église est tombée. En dépit de cette nouvelle situation, Madame Ponsardin s’en va d’un pas pressé et se jure de tout raconter à son mari dès le lendemain.

L’animal aux grands yeux

Aujourd’hui, c’est un grand jour dans le petit village, en effet, c’est la mise en place de la nouvelle gargouille. Il faut placer la lourde pierre sculptée à environ dix mètres du sol. Cette opération doit se faire depuis la route ce qui augmente très largement la difficulté. Martial, ainsi que tous les autres enfants du village, est très intéressé par l’affaire. Attentif, Martial remarque cependant un personnage qui s’agite plus que les autres. Il s’en approche. Le monsieur parle dans un appareil et les ordres qu’ils donnent semblent se répercuter sur la manœuvre. Martial ne peut s’empêcher de lui demander si c’est lui qui a sculpté l’animal aux grands yeux.

John Stonecutter

L’homme au talkie-walkie explique, entre deux ordres, qu’il faut aller voir le monsieur avec la casquette, car c’est lui qui a réalisé cette œuvre. Monsieur John Stonecutter s’est installé dans la région depuis plus de 20 ans. Il est le tailleur de pierre qui a été choisi pour effectuer cette tâche. Il travaille souvent avec les communes pour la réfection des monuments aux morts et la restauration des églises et des bâtiments historiques.

Martial l’interroge du regard

Martial se positionne tout droit devant Monsieur Stonecutter et l’interroge déjà du regard.

John : « ben, qu’est-ce tu veux mon petit ? »

Martial : « c’est toi qui as fait ça ? »

John : « oui, c’est mon métier ! »

Martial : « pourquoi ton personnage paraît triste ? »

John est saisi par cette question. Instantanément ses yeux se sont recouverts d’un liquide lacrymal.

John : « allez, mon grand, j’ai du travail. Ne reste pas là, c’est dangereux. »

Pas de réponse

Les adultes rabrouent leurs enfants, ainsi dans ces familles, l’habitude s’est installée. Ce n’est pas la première et la dernière fois que l’on ne répond pas à ses questions. Il est habitué aux « on verra plus tard », « mange ta soupe », « va te coucher ». Il souffre des changements de conversation des plus impolis, mais là, il aurait fallu que l’enfant soit un être à part entière.

Lors du repas du soir, la principale conversation portait sur le changement de gargouille. Ainsi, les parents se demandent quand disparaîtra la blancheur de la pierre afin de redonner une teinte homogène à l’église.

Puis vient le tour de la gargouille proprement dit. En aller-retour, les parents ne cessent d’évoquer la tristesse, l’émotion, la mélancolie. La bouche ronde semble cracher toutes les misères du monde.

L’art médiumnique

Le papa de Martial évoque la conversation qu’il a eue avec le fils du cousin du maire qui connaît très bien Monsieur Stonecutter. En effet, il paraît que ce dernier pratique l’art médiumnique, c’est-à-dire « une forme de communication du monde des esprits est celui des incarnés : les êtres humains ». Le fils du cousin du maire ajouta même en chuchotant à l’oreille du papa de Martial que John aurait eu un enfant lourdement handicapé qui n’aurait pas survécu : « d’après même que ce serait une façon de lui rendre hommage et de propager son souvenir pendant de nombreuses années ».

La bouteille au goulot étoilé

Martial avait des réponses à cette enquête qu’il menait depuis le début d’après-midi. Un peu envahi par le sommeil, le détective décroche lentement et dans sa somnolence se voit déjà en constructeur de cathédrale. La soirée est longue, un peu plus longue que les autres, en effet, la bouteille de vin accompagna les déclarations de chacun. Cette bouteille au goulot étoilé et à l’étiquette parcheminée : « le Préfontaine ».

Pierre Tomy Le Boucher

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